Dans un contexte marqué par l'accélération de la transformation numérique en Algérie, la société mondiale de cybersécurité Kaspersky a dévoilé, lors d'un atelier organisé ce lundi à Alger au profit de plusieurs représentants des médias nationaux, des chiffres préoccupants illustrant l'ampleur des menaces qui pèsent sur l'espace numérique du pays.
Cette rencontre, qui a réuni des journalistes issus de différents médias nationaux, s'inscrit dans le cadre de la deuxième édition de la « Semaine de la cybersécurité de Kaspersky », visant à sensibiliser aux enjeux de la sécurité numérique en Algérie.
L'Algérie au neuvième rang mondial
Selon les données de télémétrie présentées par les experts de l'entreprise, l'Algérie a enregistré en 2025 pas moins de 78,5 millions d'incidents de sécurité locaux ayant ciblé les appareils des seuls utilisateurs clients de Kaspersky. Ce chiffre place le pays au neuvième rang mondial en matière d'exposition à ce type de menace.
Bien que ce nombre soit en légère baisse par rapport à 2024, où 85,5 millions d'incidents avaient été recensés, 48 % des utilisateurs algériens demeurent exposés à des risques directs.
Une évolution des tactiques : le vol de données en première ligne
Contrairement à la baisse de 35 % des tentatives d'attaques via le web enregistrée en 2025, les experts de Kaspersky ont mis en évidence une évolution préoccupante des méthodes employées par les cybercriminels.
Les logiciels spécialisés dans le vol d'identifiants et de données d'accès (stealers) ont ainsi connu une hausse de 4 %, avec 287 834 détections enregistrées au cours de l'année.
À ce sujet, Gueorgui Koutcherine, chercheur principal chez Kaspersky, a expliqué que cette évolution ne traduit pas une diminution des risques, mais plutôt une mutation des techniques utilisées. Selon lui, les cybercriminels cherchent désormais à dérober les identités numériques et les données bancaires afin de préparer des attaques plus sophistiquées, notamment par le biais de rançongiciels.
L'« hygiène numérique », première ligne de défense
Au-delà de l'analyse des menaces, l'atelier a également porté sur la prévention en formant les journalistes aux bonnes pratiques en matière d'« hygiène numérique ».
Toufik Sïdahmed, directeur commercial de Kaspersky Algérie, a souligné que la cybersécurité repose sur un équilibre entre les solutions technologiques et les comportements des utilisateurs.
Les experts ont notamment recommandé l'adoption de plusieurs mesures essentielles, parmi lesquelles le contrôle strict de l'utilisation des supports amovibles et des clés USB, la généralisation de l'authentification multifactorielle comme protection indispensable contre le piratage des comptes, ainsi qu'une gestion rigoureuse des droits d'accès et la mise à jour régulière des équipements afin de réduire les vulnérabilités.
Selon les spécialistes de Kaspersky, ces chiffres, qui concernent particulièrement des secteurs stratégiques tels que l'énergie, les télécommunications et les services publics, démontrent que la cybersécurité en Algérie n'est plus un simple enjeu technique, mais constitue désormais un pilier fondamental de la souveraineté nationale.
Dans ce contexte, ils estiment que les médias algériens ont un rôle déterminant à jouer en transformant ce type d'initiatives en une campagne permanente de sensibilisation, afin de protéger aussi bien les citoyens que les institutions dans un environnement numérique où les cybermenaces sont devenues permanentes.
Commentaires
Participez Connectez-vous
Déconnexion
Les commentaires sont désactivés pour cet publication.