Economie

L’Algérie élargit la carte de ses exportations pétrolières

Elle reconquiert des marchés qu’elle n’avait plus approvisionnés depuis des années

  • 26
  • 3:10 Min

Au cours des neuf premiers mois de 2026, l’Algérie a poursuivi la diversification géographique de ses exportations de produits pétroliers. Elle a expédié environ 3,4 millions de barils dans le cadre de cargaisons ponctuelles à destination de huit pays, témoignant d’une diversification des circuits commerciaux de ses produits pétroliers. Toutefois, cette expansion géographique ne s’est pas traduite par une hausse des volumes globaux. Les exportations ont atteint une moyenne d’environ 298 000 barils par jour, contre 310 000 barils par jour durant la même période de 2025, soit un recul d’environ 3,9 %.

L’intérêt économique de cette évolution réside dans le fait que l’Algérie ne se limite pas à ses marchés traditionnels, mais cherche à reconquérir des débouchés qu’elle n’avait plus approvisionnés depuis plusieurs années, notamment Oman, l’Indonésie, les États-Unis, la Bulgarie, la Libye, Taïwan, l’Égypte et la Guinée. Cette évolution témoigne d’une flexibilité commerciale croissante, mais reste tributaire du caractère exceptionnel ou ponctuel des cargaisons.

Oman et l’Indonésie : de nouveaux débouchés asiatiques pour les cargaisons algériennes
Le sultanat d’Oman est arrivé en tête des destinations de ces cargaisons, avec environ 1,4 million de barils réceptionnés en septembre 2026. Il s’agit de la deuxième cargaison de ce type depuis plusieurs années, après un envoi de moindre importance en décembre 2025, qui constituait le premier enregistré depuis au moins 2017. À elle seule, cette cargaison représente environ 41 % des volumes totaux expédiés vers les huit pays au cours des neuf premiers mois de l’année.

L’Indonésie arrive en deuxième position, avec deux cargaisons totalisant 960 000 barils : la première, de 199 000 barils, en avril, et la seconde, de 761 000 barils, en août. Il s’agit des premières livraisons vers ce marché depuis juin 2022. Cette présence confirme que l’Asie, et pas seulement l’Europe, est devenue un débouché stratégique pour la commercialisation des produits pétroliers algériens.

Retour en Amérique du Nord et en Europe de l’Est
Les États-Unis ont également réceptionné une cargaison de plus de 313 000 barils en août 2026, la première depuis mars 2023. De son côté, la Bulgarie a importé plus de 256 000 barils en mai, renouant avec les approvisionnements en produits algériens pour la première fois depuis septembre 2020.

Ces indicateurs, bien que limités, montrent la capacité de l’Algérie à revenir sur des marchés présentant des exigences logistiques et commerciales différentes. Toutefois, il s’agit encore de cargaisons ponctuelles qui ne se sont pas traduites par des contrats à long terme.

Par ailleurs, la Libye a réceptionné en avril une cargaison d’essence de 251 000 barils, la première depuis octobre 2024. Taïwan a reçu 124 000 barils en septembre, après une interruption des livraisons depuis juillet 2023. L’Égypte a importé plus de 44 000 barils en juin, pour la première fois depuis avril 2020, tandis que la Guinée a réceptionné plus de 24 000 barils en juillet, renouant avec les approvisionnements algériens après une interruption depuis janvier 2021.

Cette répartition géographique confirme la présence des produits pétroliers algériens en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique du Nord. Elle révèle toutefois qu’une partie de cette expansion repose sur des cargaisons ponctuelles. Pour produire des effets commerciaux durables, ces percées devront donc se traduire par des contrats d’approvisionnement réguliers.

Parmi les principaux clients, la Corée du Sud conserve la première place, avec une moyenne de 61 000 barils par jour, contre 86 000 barils par jour durant la même période de 2025. Les États-Unis arrivent en deuxième position, avec une moyenne de 58 000 barils par jour, contre 63 000 auparavant, suivis du Japon, avec 28 000 barils par jour.

En revanche, les importations de la Belgique ont progressé pour atteindre 26 000 barils par jour, contre 22 000 précédemment. Celles de la France ont également augmenté, passant de 16 000 à 19 000 barils par jour.