Les négociations entre l’Iran et les États-Unis ont débuté ce samedi dans la capitale pakistanaise, Islamabad, sous médiation pakistanaise, dans le but de parvenir à un cessez-le-feu durable après la trêve temporaire annoncée le 8 avril courant.
Des sources pakistanaises ont indiqué que les deux parties ont entamé des rencontres séparées avec des responsables pakistanais dans l’un des hôtels de la capitale, afin de surmonter les différends en suspens, avant de passer à des pourparlers directs, sans qu’une date précise ne soit fixée pour une rencontre en face-à-face.
Dans ce contexte, un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a affirmé depuis Islamabad que Téhéran reste en contact avec le Liban pour garantir le respect du cessez-le-feu sur différents fronts, tandis que certaines parties libanaises proches du Hezbollah ont exprimé leur soutien au processus de dialogue en cours au Pakistan.
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a tenu deux réunions séparées avec les deux délégations : il a d’abord rencontré la délégation iranienne conduite par le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, puis la délégation américaine dirigée par le vice-président J.D. Vance, en présence de plusieurs responsables américains.
Vance est arrivé au Pakistan plus tôt, où il a été accueilli par le chef de l’armée pakistanaise Asim Munir, accompagné d’une délégation comprenant l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et Jared Kushner. De son côté, Ghalibaf est arrivé vendredi soir à la tête d’une délégation de plus de 70 membres.
Ces discussions se déroulent dans un climat de forte méfiance entre les deux parties. Ghalibaf a affirmé que l’Iran avait de « bonnes intentions » mais ne faisait pas confiance aux États-Unis, tandis que Vance a mis en garde contre toute tentative de « manipulation » des négociations.
Selon des sources informées, des représentants de plusieurs pays, dont l’Égypte, l’Arabie saoudite, la Chine et le Qatar, sont présents à Islamabad pour contribuer indirectement à faciliter les pourparlers.
Les discussions portent sur des dossiers sensibles, notamment le programme nucléaire iranien, en particulier l’enrichissement de l’uranium, la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, ainsi que la question des avoirs iraniens gelés, dans un contexte de déclarations contradictoires sur une éventuelle levée du gel.
Un responsable américain a nié tout accord sur le déblocage des fonds iraniens, tandis qu’une source iranienne a évoqué des signaux positifs, mentionnant l’envoi d’une équipe financière américaine à Islamabad pour discuter de ce dossier, l’Iran réclamant des garanties claires.
Malgré le cessez-le-feu temporaire, de profondes divergences persistent, le Premier ministre pakistanais reconnaissant la difficulté de la phase actuelle, estimant que les négociations pourraient aboutir soit à une paix durable, soit à un échec.
La capitale pakistanaise connaît des mesures de sécurité renforcées, avec la fermeture de plusieurs zones et la déclaration d’un jour férié, paralysant en grande partie la vie quotidienne, tandis que les autorités n’ont pas dévoilé les détails précis du calendrier ou des lieux des discussions.
Ces développements interviennent dans un contexte de tensions régionales persistantes, avec une activité maritime toujours limitée dans le stratégique détroit d’Ormuz, par lequel transite une part importante des approvisionnements mondiaux en pétrole.
Commentaires
Participez Connectez-vous
Déconnexion
Les commentaires sont désactivés pour cet publication.