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Quand les désaccords arabes deviennent des confrontations ouvertes

Les différends entre capitales arabes ne se jouent plus en coulisses. Entre rivalités politiques et accusations d’ingérence, le dossier de la Coupe du monde 2034 en Arabie saoudite illustre l’ampleur des tensions et leurs répercussions sur la stabilité régionale

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Les tensions régionales ont atteint un niveau sans précédent, et il est devenu évident que les différends entre certaines capitales arabes ne sont plus gérés à huis clos, mais se sont transformés en conflits ouverts dont les répercussions apparaissent dans les dossiers politiques, sportifs et médiatiques, plaçant la région face à de graves défis.

Dans ce contexte, le dossier de la Coupe du monde 2034 en Arabie saoudite apparaît comme l’un des principaux sujets révélant l’ampleur des ingérences régionales. Il met en lumière une vaste campagne décrite comme visant à entraver l’organisation par le Royaume de cet événement sportif prestigieux. Des informations confirmées indiquent que les Émirats arabes unis ont agi sur plusieurs fronts, exploitant leurs relations et réseaux en Occident et en Orient, y compris en Inde, dans le cadre d’une démarche diplomatique et médiatique destinée à influencer l’image du Royaume et à orienter l’opinion publique contre lui.

Ces démarches ont été accompagnées d’une intense activité sur les réseaux sociaux, où les critiques visant Abou Dhabi se sont intensifiées concernant son rôle dans la région, notamment en Somalie, au Soudan, en Libye et au Yémen. Ses interventions y ont été décrites comme des tentatives de démantèlement des institutions étatiques et d’affaiblissement de la stabilité interne. Ces politiques ont eu un impact sur l’opinion publique arabe et musulmane, qui a estimé que ces ingérences menacent la solidarité arabe et portent atteinte à la souveraineté des États concernés.

Le dossier sportif saoudien ne serait que la partie émergée de l’iceberg, car les interventions émiraties se sont étendues à des questions politiques et sécuritaires très sensibles, allant de Gaza et de la question palestinienne aux conflits dans le Sahel africain et aux affaires internes de certains États arabes. Il semble clair que ces démarches n’étaient pas fortuites, mais liées à des tentatives réfléchies visant à affaiblir les positions des pays arabes sur des dossiers stratégiques, ce qui a contribué à l’escalade des tensions et à l’ouverture d’un nouveau front de crispations régionales.

Alors que les Émirats agissaient discrètement pour réorganiser leurs intérêts régionaux aux dépens de leur voisinage arabe, l’Arabie saoudite — et avant elle l’Algérie — a fait preuve d’une grande patience, mais est arrivée à un stade où il n’était plus possible de continuer à faire preuve de tolérance. Riyad a commencé à prendre des mesures fermes pour protéger ses intérêts et sa position régionale, affirmant que toute tentative d’ingérence dans ses affaires intérieures ou d’influence sur ses dossiers vitaux ne resterait pas sans réponse.

Les observateurs indiquent que les politiques émiraties ont suscité une large colère populaire, ravivant le souvenir des expériences passées en Somalie, au Soudan, en Libye, au Yémen et dans la région du Sahel. Ils soulignent que l’ingérence d’États étrangers dans des affaires arabes sensibles entraîne des tensions prolongées et affaiblit la stabilité, ce qui a conduit l’opinion publique arabe et musulmane à exprimer un mécontentement croissant face à cette orientation.

Dans ce cadre, il apparaît clairement que la colère ne résulte pas seulement de l’ingérence émiratie dans le dossier sportif, mais d’un ensemble de politiques et de démarches régionales visant à influencer la souveraineté des États arabes et à affaiblir la solidarité arabe, ce qui a poussé le Royaume à mettre un terme définitif à ces politiques.

À cet égard, l’Algérie a été l’un des premiers pays à mettre en garde, il y a six ans déjà, affirmant que le mal venant d’un frère supposé est parfois plus dangereux que toute menace extérieure ou que des adversaires traditionnels.

Des observateurs estiment que la réalité régionale actuelle impose aux Arabes de se concentrer sur la solidarité et les intérêts communs, et d’unir leurs rangs pour faire face à toute tentative de déstabilisation. Le véritable enjeu devrait être la protection des intérêts des peuples arabes et musulmans et le renforcement de la stabilité des États, tant sur le plan interne qu’externe, loin de toute politique visant la polarisation et la division.

Les récents développements confirment que toute atteinte aux intérêts arabes n’est pas sans conséquence, et que l’unité et la coordination constituent le seul moyen de faire face aux tentatives de déstabilisation de la région et de ses États sur la scène internationale — une leçon imposée par l’expérience émiratie dans de multiples dossiers, de l’Algérie à Riyad, en passant par l’Égypte, le Qatar, la Turquie et d’autres pays arabes et africains.