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« Il n’existe aucun différend majeur entre l’Algérie et la Russie au Sahel »

Dmitri Sabline, coordinateur du groupe parlementaire pour la coopération avec les Parlements d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient à la Douma russe, dans un entretien accordé à El Khabar

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Entretien réalisé par : Nesrine Jaffar

Dmitri Sabline, coordinateur du groupe des députés pour la coopération avec les Parlements d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient à la Douma russe, et vice-président de la Commission de la défense, a nié l’existence de divergences sérieuses dans la relation d’amitié sincère qui lie l’Algérie et la Russie dans la région du Sahel. Il a affirmé, dans un entretien accordé à El Khabar, que la question est plutôt liée à l’héritage colonial contre lequel l’Algérie mène, en particulier, un combat continu et structuré.

À l’issue de la première visite en Algérie d’un groupe parlementaire russe d’amitié, comment évaluez-vous le niveau des relations parlementaires entre les deux pays ?


Pour moi, comme pour la majorité des membres de la délégation, il s’agit de notre première visite dans votre magnifique pays. Cependant, les relations entre les parlementaires de nos deux nations ne datent pas d’aujourd’hui ; elles reposent sur des bases solides et sont en constante évolution. Nous sommes en contact permanent et le dialogue entre nous ne s’est jamais interrompu. L’été dernier, nos collègues députés de l’Assemblée populaire nationale algérienne ont effectué une visite à Moscou. Je suis convaincu que la diplomatie parlementaire peut apporter des solutions efficaces à de nombreuses questions et contribuer au développement des relations entre les États, en raison de sa grande proximité avec les citoyens et de l’absence de lourdeurs bureaucratiques dans son action.

Comment évaluez-vous les résultats de cette visite et quels sont les principaux dossiers abordés ?


Au cours de cette visite, nous avons rencontré les vice-présidents des deux chambres du Parlement algérien, M. Rabah Boughali et Mohamed Ouakli. Nous avons également rencontré nos collègues députés, membres du groupe d’amitié algéro-russe, que nous avons appris à connaître et avec lesquels nous avons noué des liens d’amitié lors de leur récente visite à Moscou. Le président du groupe parlementaire d’amitié, Abdel Salam Bessagha, entretient lui aussi avec les députés russes une véritable relation d’amitié et un travail commun visant à renforcer les relations algéro-russes.

Nous avons tenu des discussions avec Mme Houria Meddahi, ministre du Tourisme et de l’Artisanat de la République algérienne démocratique et populaire, ainsi qu’avec la directrice de cabinet de l’Agence nationale de promotion de l’investissement. Nous avons également bénéficié d’un accueil chaleureux de la part de Mme Zahra Chouiter, présidente de l’Association des ayants droit de chouhada. Nous nous sommes aussi rendus dans la ville de Djanet, un voyage qui nous a laissé des impressions inoubliables.

L’impression générale qui s’est dégagée est que nos deux peuples et nos deux pays sont des amis historiques et des partenaires fiables. Les parlementaires des deux pays continueront à œuvrer pour renforcer et développer ces relations bilatérales.

Quels sont, selon vous, les principaux atouts communs sur lesquels les deux pays peuvent s’appuyer pour développer leurs relations ?
La Russie accorde une grande importance au développement de relations équitables avec la République algérienne démocratique et populaire, fondées sur des intérêts mutuels. Lors des rencontres, nous avons évoqué le décalage parfois constaté entre le niveau élevé du dialogue politique et celui des relations économiques et commerciales ainsi que de la coopération bilatérale.

Nous avons discuté des moyens de remédier à cette situation, notamment la possibilité de créer une « Maison commerciale russe » qui ferait de l’Algérie une porte d’entrée économique vers l’Afrique. Nous avons également abordé le développement du tourisme et l’élargissement de la coopération entre les sociétés civiles des deux pays. La convergence des positions de la Russie et de l’Algérie sur les questions internationales les plus sensibles revêt pour nous une importance particulière. Nous avons aussi évoqué la possibilité d’ouvrir un centre culturel russe en Algérie.

La Russie est un allié stratégique historique de l’Algérie, mais des divergences de vues sont récemment apparues concernant certaines crises, notamment au Sahel et en Libye. Comment percevez-vous cette situation et quelles sont les perspectives de coopération future au Sahel ?
Je considère qu’il n’existe pas de divergences sérieuses dans la relation d’amitié sincère qui unit l’Algérie et la Russie. Les difficultés qui apparaissent avec certains pays partenaires de la Russie sont essentiellement liées à l’héritage colonial, contre lequel l’Algérie mène, en particulier, un combat continu et organisé. Cet héritage continue, jusqu’à aujourd’hui, d’entraver les relations entre les pays du continent africain. La Russie s'emploie toujours, de son côté, à mettre à disposition toutes ses capacités et à aider ses pays amis à relancer le dialogue et à résoudre les conflits par la négociation.