Nation

L’histoire des Algériens exilés en Nouvelle-Calédonie refait surface

Cette question douloureuse a été soulevée à nouveau à travers une question écrite du député Abdelwahab Yagoubi, ainsi que par des interviews spontanées et émouvantes du créateur de contenu Mehdi Chettah avec leurs descendants.

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La question des Algériens arrachés à leur terre par le colonialisme français avec brutalité et déportés aux confins du monde, en Nouvelle-Calédonie, refait surface, sous l’angle de la mise en lumière de la situation de leurs descendants et de la possibilité de les reconnecter à leur patrie d’origine.

Cette question douloureuse a été soulevée à nouveau, sur les plans humain et parlementaire, à travers une question écrite du député Abdelwahab Yagoubi adressée au ministre des Affaires étrangères début mars dernier, ainsi que par des interviews spontanées et émouvantes du créateur de contenu Mehdi Chettah, récemment, avec des descendants d’Algériens en exil dans le Pacifique. Cela a remis en avant les travaux et reportages réalisés il y a plusieurs années par Saïd Oulmi.

Sur le plan officiel, le député Yagoubi a révélé aujourd’hui la réponse du ministère des Affaires étrangères à cette préoccupation, qui a indiqué que le dossier des descendants des Algériens déportés de force par l’occupation française vers la Nouvelle-Calédonie et d’autres régions du monde bénéficie d’une attention particulière des pouvoirs publics, en raison de ses profondes dimensions historiques et humaines dans la mémoire nationale, en hommage aux lourds sacrifices consentis par le peuple algérien durant la période coloniale.

Le ministre Ahmed Attaf a détaillé les mesures prises, précisant que les hautes autorités du pays adoptent une vision globale fondée sur une approche historique, humaine et institutionnelle pour traiter ce dossier, de manière à assurer une prise en charge optimale de cet héritage et à en mettre en lumière toutes les dimensions, dans le but de renforcer l’identité nationale et de préserver la mémoire collective.

Il a ajouté que les autorités veillent à les associer aux activités liées à la mémoire nationale, notamment en accueillant des délégations de membres de la communauté lors des occasions nationales. Il a également indiqué que des invitations leur sont adressées pour participer aux différents événements importants organisés en Algérie, à l’instar de la Foire commerciale intra-africaine tenue en septembre 2025.

Concernant la question de l’accès de « notre communauté résidant en Nouvelle-Calédonie aux services consulaires », le ministre a expliqué que, conformément aux instructions des hautes autorités visant à assurer une meilleure prise en charge de cette catégorie importante de la diaspora, plusieurs facilités ont été mises en place. Parmi celles-ci figure la possibilité de bénéficier de ces services au niveau de l’ambassade d’Algérie en Australie, afin de leur éviter le déplacement jusqu’au consulat général à Paris, qui constitue leur centre d’immatriculation consulaire.

De son côté, Abdelwahab Yagoubi avait adressé une question écrite dans laquelle il présentait un exposé sur ce crime barbare commis par l’armée coloniale française, consistant à déporter plus de 2 000 Algériens vers la Nouvelle-Calédonie.

Aujourd’hui, ajoute le député représentant la diaspora, plus de 15.000 de leurs descendants vivent encore sur place, sans représentation consulaire de proximité, dépendant du consulat de Paris situé à 16.700 km.

Le député du Mouvement de la société pour la paix a appelé à consacrer leur droit à l’identité algérienne et à les reconnecter à leur patrie d’origine.

Parmi les questions posées par le député : votre ministère dispose-t-il d’une vision et d’un calendrier pour ouvrir le dossier de la déportation forcée des Algériens vers la Nouvelle-Calédonie et le traiter officiellement au niveau de l’État ? Quelles sont les raisons de l’absence de représentation consulaire en Nouvelle-Calédonie pour assurer le suivi de la situation de leurs descendants, et quel est votre plan pour y remédier ?