Nation

Les ministres obligés de répondre aux préoccupations des citoyens

Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, adresse une correspondance au président de l’Assemblée Populaire Nationale, Ibrahim Boughali.

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Le Premier ministre, Sïfi Ghrieb, a enjoint les membres du gouvernement à interagir avec les questions orales et écrites des députés et à leur accorder une priorité absolue dans l’action gouvernementale.

Dans une correspondance adressée au président de l’Assemblée Populaire Nationale, Ibrahim Boughali, dont El Khabar a consulté une copie, le Premier ministre a indiqué que des instructions ont été données aux membres du gouvernement afin d’assurer une participation personnelle et régulière aux séances plénières consacrées aux questions orales, organisées chaque semaine en alternance entre l’Assemblée Populaire Nationale et le Conseil de la Nation. Il a insisté sur la nécessité de fournir des explications complètes et des données précises permettant de donner une image claire des politiques publiques et des projets de développement.

Le Premier ministre a également révélé avoir adressé, le 4 décembre 2025, une correspondance aux membres du gouvernement pour souligner l’importance de la prise en charge des réponses aux questions orales et écrites émanant des parlementaires, considérées comme faisant partie des priorités de l’action gouvernementale. Il a précisé que les ministres concernés participeront aux séances plénières publiques dédiées aux réponses aux questions orales, organisées d’une façon hebdomadaire par les deux chambres du Parlement en alternance, sauf en cas d’engagements liés à une activité présidentielle ou à une mission officielle à l’étranger, tout en veillant à fournir des réponses précises et de qualité.

En cas d’empêchement du membre du gouvernement concerné pour ces raisons, le ministre chargé des relations avec le Parlement se chargera de répondre en son nom, afin d’assurer la prise en charge des questions programmées lors de la séance, a ajouté le Premier Ministre.

Cette correspondance fait suite aux plaintes formulées par les présidents des groupes parlementaires lors de la rencontre qui les a réunis avec le Premier ministre en octobre dernier. Ceux-ci avaient exprimé leur mécontentement face aux absences répétées des ministres lors des séances de questions orales, ou à l’annulation de leur participation à la dernière minute sous prétexte d’engagements urgents, ce qui a vidé ce mécanisme de contrôle de son efficacité.

Les députés n’ont pas manqué de critiquer le manque d’interaction des membres de l’exécutif avec les questions orales et la lenteur enregistrée dans les réponses, ce qui a conduit à une perte de leur efficacité. Ils ont également relevé que les réponses de plusieurs membres du gouvernement manquent souvent de précision et d’engagement concret, se limitant à des exposés généraux ou à des rappels du cadre juridique et réglementaire, sans proposer de solutions pratiques ni fixer des délais pour le traitement des problèmes soulevés. Cela vide l’action de contrôle parlementaire de son contenu, réduit l’efficacité du rôle des députés et laisse les citoyens sans réponses claires à leurs préoccupations.

Les députés s’opposent généralement à la programmation de réponses à des questions devenues obsolètes ou dépassées, certaines réponses portant parfois sur des questions datant de plus d’une année. En revanche, certains estiment que ce mécanisme de contrôle est parfois détourné et exploité à des fins de visibilité médiatique, notamment à l’approche de la fin de la législature.

Alors que des tentatives antérieures ont été menées pour réformer ce mécanisme et contenir le grand nombre de questions orales — à travers un tri préalable ou la création d’une application électronique pour l’enregistrement et le suivi des questions orales et écrites — de grands espoirs reposent désormais sur le nouveau règlement intérieur pour remédier à ces dysfonctionnements. Celui-ci prévoit notamment de ne pas autoriser un député à poser plus d’une question orale par séance, de donner la priorité à la première question déposée lorsque plusieurs questions portent sur le même sujet, d’obliger les députés à respecter le texte de la question déposée auprès du bureau de l’Assemblée lors de sa présentation, de ne pas reporter une question plus d’une seule fois, avec sa transformation en question écrite en cas d’absence non justifiée, ainsi que d’interdire les questions contraires à la Constitution, celles liées à des affaires personnelles ou portant atteinte à la réputation ou à la sécurité de l’État. Il est également interdit de répéter les mêmes préoccupations ou d’adresser une question à plus d’un membre du gouvernement.