L’Algérie s’oriente vers l’adoption d’une approche conciliatrice visant à récupérer ses ressortissants établis à l’étranger, avant qu’ils ne deviennent une proie pour des réseaux criminels transnationaux ou des instruments dans des campagnes hostiles ciblant le pays. Dans ce cadre, le dernier Conseil des ministres a décidé de régulariser la situation des jeunes Algériens se trouvant à l’étranger dans des conditions précaires et illégales.
Le Président de la République a adressé un appel aux jeunes qui ont été, selon ses termes, « délibérément poussés à l’erreur par des personnes qui, à tort, pensaient porter atteinte à la crédibilité de l’État afin de les utiliser à l’étranger contre leur pays ». Il a précisé que la majorité de ces jeunes n’ont commis que de petites infractions, telles que la crainte d’une simple convocation par la police ou la Gendarmerie nationale pour être entendus sur des faits liés à l’ordre public ou à des situations similaires.
Le Conseil des ministres a ainsi décidé de régulariser la situation de ces Algériennes et Algériens, à condition qu’ils s’engagent à ne pas récidiver. La mise en œuvre des procédures liées à cette décision sera assurée par les consulats algériens à l’étranger, jusqu’au retour des ressortissants concernés dans leur pays d’origine. Sont toutefois exclus de cette mesure les auteurs de crimes de sang, de trafic de drogue, de commerce d’armes, ainsi que toute personne ayant collaboré avec des services de sécurité étrangers dans le but de porter atteinte à l’Algérie.
Cette décision révèle une démarche réconciliatrice par laquelle l’État cherche à récupérer ses enfants avant qu’ils ne soient instrumentalisés par des réseaux criminels transfrontaliers ou utilisés dans des campagnes hostiles visant l’Algérie.
La réalité sur le terrain montre qu’un nombre important de ces jeunes vivent dans des conditions humanitaires difficiles et sont exposés à l’exploitation dans des emplois dégradants, ce qui fait d’eux des cibles faciles pour les mafias ou pour des cercles de manipulation politique et médiatique hostiles.
Cette décision s’inscrit dans une volonté de restaurer la confiance entre l’État et sa jeunesse, notamment à travers un discours officiel affirmant que l’Algérie « n’abandonne pas ses enfants », même lorsqu’ils commettent des erreurs. Ce message s’adresse à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du pays : il signifie que l’État algérien traite ses dossiers souverains à partir d’une position de force, dans une parfaite cohérence entre ses institutions, loin de toute pression ou injonction extérieure. Le fait de confier l’exécution de la décision aux consulats algériens à l’étranger reflète également la volonté de donner à ce dossier une dimension institutionnelle organisée, garantissant un retour progressif et sécurisé, tout en affirmant la présence et l’accompagnement de l’État auprès de ses citoyens où qu’ils se trouvent. Cela renforce l’image d’un État protecteur, sans pour autant compromettre les impératifs de sécurité nationale, clairement soulignés par les exclusions relatives aux crimes graves, au trafic de drogue et au commerce d’armes.
Les engagements du Président
Commentant cette décision, l’analyste politique Hakim Bougrara a déclaré qu’elle s’inscrit dans le cadre des engagements pris par le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de sa campagne électorale et dans son programme présidentiel de 2019, où il avait insisté sur la protection de la communauté et des ressortissants algériens partout dans le monde.
Dans une déclaration au journal El Khabar, le Dr Bougrara a expliqué que cette décision intervient dans un contexte de guerre cybernétique et psychologique visant les jeunes Algériens établis à l’étranger, à travers des campagnes de désinformation et de lavage de cerveau systématique. Ces campagnes cherchent à leur faire croire qu’ils sont interdits de retour au pays, et à les intimider via les réseaux sociaux par des menaces de poursuites liées au retrait de la nationalité ou à des accusations d’apologie du terrorisme. Selon lui, il s’agit d’une offensive exploitant le contexte régional et international pour entraîner ces jeunes dans des plans portant atteinte à la sécurité nationale algérienne.
Il a ajouté que nombre de ces jeunes sont exploités en raison de leurs difficultés économiques et sociales, puis recrutés au sein de groupes terroristes, de milices ou comme mercenaires, avant d’être envoyés vers des zones de conflit, soit pour s’en débarrasser, soit pour les réutiliser ultérieurement afin de déstabiliser leurs pays d’origine. Il a cité, à titre d’exemple, le cas de jeunes Algériens en France qui auraient été recrutés après un endoctrinement idéologique et de fausses fatwas, puis envoyés en Syrie. Selon lui, certaines tentatives de leur rapatriement vers l’Algérie ont été déjouées grâce à la vigilance des services de sécurité algériens, évitant ainsi toute tentative de déstabilisation interne.
Bougrara a estimé que cette mesure constitue une valeur ajoutée à une série de décisions antérieures visant à protéger la jeunesse algérienne à l’étranger. Il a notamment souligné que la décision présidentielle de délivrer des passeports à tous les jeunes Algériens résidant à l’étranger a constitué une mesure préventive majeure, permettant d’établir une base de données précise sur les ressortissants algériens et d’empêcher leur exploitation à des fins suspectes.
Il a également affirmé que la main tendue de l’État algérien à ces jeunes, que des parties hostiles tentent de couper de leur patrie pour faciliter leur recrutement contre elle, s’inscrit dans un contexte international où les diasporas sont utilisées pour influencer la stabilité des États d’origine et amplifier les événements via les réseaux sociaux et les médias. Il a cité, à ce titre, l’exemple iranien, où les communautés à l’étranger auraient été mobilisées pour façonner une image exagérée servant à faire pression sur l’opinion publique internationale.
L’implication des médias
Bougrara a insisté sur le fait que la riposte de l’Algérie à ces guerres psychologiques et cybernétiques nécessite l’implication des familles, des médias et de l’ensemble des institutions de la société, afin de renforcer la sécurité sociétale et nationale. Il a évoqué l’expérience réussie ayant permis de faire échouer les plans et illusions du mouvement « MAK », grâce à l’intervention des familles des jeunes manipulés, qui ont aidé leurs enfants à revenir au pays.
Dans le même contexte, il a estimé que cette initiative constitue un coup dur pour de nouvelles stratégies menées par des parties qu’il a qualifiées « d’agents et de traîtres de Facebook », lesquels seraient devenus, selon lui, des instruments au service du sionisme, du régime makhzenien et de la France, avec un soutien et un financement émiratis. Leur objectif serait de recruter des jeunes en difficulté à l’étranger pour rejoindre ce qu’il a appelé des « armées terroristes électroniques ».
Il a conclu en expliquant que ces groupes commencent par attirer les jeunes à travers de simples vidéos attaquant l’Algérie, avant d’utiliser ces contenus contre eux pour leur faire croire qu’ils sont désormais interdits d’entrée sur le territoire national, les poussant ainsi au désespoir et à l’obéissance à toute directive visant la sécurité et la stabilité de l’Algérie.
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