La journaliste Salima Telmçani, du quotidien El Watan publié en français, fait l’objet depuis plusieurs jours d’une campagne de diffamation et de menaces odieuses menée par un « homme d’affaires » en fuite devant la justice algérienne.
Cette campagne a franchi toutes les lignes rouges, son auteur ayant récemment lancé une menace explicite contre la journaliste, une situation sans précédent en Algérie depuis la fin de la « décennie noire ».
L’homme visé par la justice, qui a marqué l’histoire de la presse écrite algérienne depuis sa couverture des événements des « années de braise » dans les années 1990, a continué par la suite à faire éclater plusieurs scandales durant le règne du « gang » au pouvoir, lequel lui servait de couverture pour détourner des fonds publics. La justice algérienne a fini par frapper cet homme et ses proches avec une main de fer, donnant lieu à des mandats d’arrêt internationaux contre lui et ses frères et beaux-frères impliqués dans de nombreux cas de fraude et de dilapidation de fonds publics.
Lorsque la justice a commencé à agir, il a lancé une offensive contre tout journaliste couvrant ces procès. Il a visé notamment une journaliste et un analyste d’une chaîne télévisée, concentrant particulièrement ses attaques sur Salima Telmèsani, orchestrant contre elle une campagne ignoble qui a dépassé toutes les limites, révélant sa véritable nature. Avant de s’en prendre à Telmèsani, il avait déjà porté atteinte aux institutions de l’État et à leurs représentants.
Salima Telmçani s’est distinguée par sa couverture des procès récents portant sur des affaires de corruption sous le règne du « gang », dont cet homme d’affaires en fuite faisait partie. Elle a fourni un compte rendu complet et objectif, comme à son habitude, et a également révélé des informations exclusives sur l’affaire, ce qui n’a pas été du goût du fugitif.
Ce dernier continue à dépenser des sommes importantes pour rémunérer des administrateurs de pages Facebook afin de lancer ses attaques contre toute personne dévoilant l’empire illusoire qu’il a construit avec l’argent des prêts bancaires. Plusieurs complices ont été récemment arrêtés, dont un personnage bien connu dans le monde numérique algérien, propriétaire de plusieurs pages utilisées pour diffuser ses attaques contre quiconque paie le plus. Cet individu avait déjà été interpellé dans des affaires de chantage et de diffamation.
Il y a deux jours, l’homme d’affaires a franchi une nouvelle étape en publiant une menace directe contre la journaliste, cette fois de manière ouverte, sur la page de la chaîne télévisée qu’il possédait en Algérie.
Fait notable dans cette affaire : Paris, qui avait été autrefois le bastion arrière des groupes terroristes durant la « décennie noire », est devenue depuis plusieurs années une plateforme médiatique frappant les institutions de l’État et les journalistes dont le seul crime est d’avoir exercé leur métier. Paris, qui se targue à chaque occasion de défendre la liberté d’expression, considère-t-elle que porter atteinte à l’honneur et à la réputation de personnes relève de ce cadre ?
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