L’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) a soumis une série de propositions visant à régler durablement la crise des transporteurs et à éviter le recours à des mouvements de protestation à l’avenir. Ces propositions font suite à plusieurs rencontres et consultations avec les représentants du secteur, avant d’être transmises aux départements concernés.
Dans une déclaration accordée au quotidien El Khabar, ce mercredi au siège de l’UGTA « Abdelhak Benhamouda » à Alger, le secrétaire général de la centrale syndicale, Amar Takdjout, a indiqué qu’une séance de travail s’est récemment tenue avec les représentants de la Fédération des transporteurs affiliée à l’UGTA, au cours de laquelle l’ensemble des préoccupations et revendications des professionnels du secteur ont été examinées.
Takdjout a expliqué que les formes de protestation observées actuellement révèlent surtout l’absence d’une véritable représentation syndicale, soulignant que la majorité des transporteurs concernés ne sont affiliés à aucune organisation reconnue. Il a précisé, à ce titre, que le syndicat agréé des transporteurs n’a appelé à aucune grève. Bien que les revendications soient jugées légitimes, le recours à l’arrêt de travail et au blocage d’un secteur vital reste, selon lui, injustifié, d’autant plus que ces actions n’ont pas respecté les procédures légales en vigueur.
Face à cette situation, la direction de l’UGTA a transmis des propositions aux ministères concernés, notamment ceux de l’Intérieur et des Collectivités locales, des Transports et du Commerce. Celles-ci insistent sur la nécessité d’organiser l’ensemble des transporteurs au sein de structures syndicales représentatives et de les inscrire auprès des chambres de commerce, afin de leur permettre de négocier leurs revendications de manière structurée et légale.
Lors de la rencontre, les transporteurs ont notamment soulevé des problèmes liés à la disponibilité des pièces de rechange, à la fiscalité et aux déclarations auprès de la sécurité sociale, des préoccupations également partagées par le syndicat des transporteurs affilié à la centrale syndicale.
Amar Takdjout a souligné l’importance d’obliger les transporteurs, en tant qu’acteurs d’une activité commerciale libre, à se déclarer auprès des chambres de commerce. Une telle démarche permettrait de disposer de bases de données statistiques annuelles sur les besoins du marché, notamment en pièces de rechange, d’orienter l’investissement en fonction des besoins réels et de faciliter la prise en charge des doléances.
Il a, par ailleurs, proposé l’instauration d’un « système professionnel » pour les transporteurs, leur conférant une identité professionnelle et économique claire ainsi qu’un cadre juridique leur permettant de dialoguer officiellement avec les autorités, à travers le registre du commerce, les chambres de commerce et des organisations syndicales structurées.
Enfin, Takdjout a évoqué les travaux de la commission installée au sein de l’UGTA pour enrichir certaines dispositions de la loi n°23-02 relative à l’exercice du droit syndical. Un rapport comprenant une centaine de propositions sera prochainement transmis au ministère du Travail, une fois validé.
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