Après cinq semaines complètes de grève ouverte des enseignants du collège Mohamed Salah Belabbas à Sétif, la Direction de l’Éducation a informé, dimanche matin, plus de 50 professeurs de décisions de suspension conservatoire, notifiées par voie de procès-verbal judiciaire, les empêchant ainsi d’accéder à l’établissement.
Lundi matin, le Contrôleur général du ministère de l’Éducation nationale, M. Lakhel Abderrazak, s’est rendu au siège de la Direction de l’Éducation à Sétif pour rencontrer le directeur de l’éducation et différents services afin d’examiner la situation du collège Mohamed Salah Belabbas, qui a récemment représenté un véritable casse-tête pour le ministère, les enseignants ayant refusé de collaborer avec la direction de l’établissement, toutes les tentatives de conciliation ayant échoué.
Le directeur de l’éducation de la wilaya de Sétif, Rachid Ben Massoud, a qualifié la suspension des cours de très regrettable, imputable au conflit entre les enseignants et la directrice. Il a précisé avoir rencontré les enseignants grévistes, bien que leur protestation soit jugée illégale, et leur avoir demandé à l’amiable de reprendre les cours tout en laissant la commission d’enquête compétente poursuivre ses investigations. Les enseignants ont cependant refusé de reprendre les cours tant que la directrice demeurait en poste, soulignant qu’un enseignant n’a pas le droit de demander la suspension de la directrice, et que tout blocage de ce type nuit à l’intérêt général, notamment à l’éducation des élèves. Il a rappelé que les enseignants se trouvent dans une situation illégale et que les sanctions prévues par la loi seront appliquées.
De leur côté, les enseignants ont exprimé leur stupéfaction face à leur mise à l’écart et la fermeture des portes de l’établissement, estimant que leur grève pacifique relevait de leur droit légal pour protester contre des pratiques jugées arbitraires et unilatérales de la directrice. Ils ont insisté sur le fait que la grève est un droit protégé par la loi, un moyen civilisé d’exprimer leur désaccord et de réclamer justice, et non un crime justifiant insultes ou exclusion. Selon eux, leur suspension conservatoire constitue une atteinte grave à la dignité de l’enseignant et un contournement du principe de dialogue et de consultation censé régir les établissements scolaires.
Les enseignants ont ajouté qu’ils ont adopté une position unifiée pour défendre leur dignité professionnelle et un environnement de travail fondé sur le respect et l’équité. Au lieu d’ouvrir un dialogue, les autorités ont choisi l’escalade, en fermant les portes de l’établissement à leur égard, alors qu’ils ont consacré des années au service des élèves. Ils ont insisté sur le fait que l’enseignant n’est l’adversaire de personne, mais constitue le pilier du système éducatif, et que toute atteinte à sa personne équivaut à une atteinte à la mission éducative elle-même.
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