L’envoyé spécial d’El Khabar à Marrakech : Chouaïb Kahoul
La participation algérienne à la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc s’est accompagnée d’une vague de propagande mesquine ciblant les Algériens — joueurs, supporters et même journalistes — à travers la diffusion de fausses accusations et de mensonges sans fondement par certains sites et pages marocains, dans une tentative manifeste de ternir l’image de l’Algérien où qu’il se trouve.
Du « cadre » du Roi au vol de ballons…
Cette campagne a débuté très tôt, dès l’arrivée de la délégation algérienne sur le sol marocain, avec des histoires fabriquées de toutes pièces. La première concernait une prétendue dissimulation de la photo du Roi dans le lieu de résidence des Verts à l’hôtel Marriott de Rabat. Ont suivi des accusations infondées de vol de ballons par un membre du staff algérien, puis des allégations tout aussi absurdes concernant le vol de fruits secs mis à disposition par l’hôtel.
La série ne s’est pas arrêtée là, puisqu’elle s’est étendue à des accusations contre des journalistes algériens, accusés à tort d’agressions envers leurs homologues marocains, dans un nouvel épisode de diffamation et d’incitation médiatique.
Les intentions préméditées d’un photographe marocain
Ce qui s’est produit hier au Grand stade de Marrakech illustre une méthode abjecte de propagande dégradante adoptée par certaines parties de la presse marocaine. Cette fois, le protagoniste était un photographe ou journaliste marocain, présent non pas pour accomplir son devoir professionnel lors d’un grand match entre l’Algérie et le Nigeria, mais avec une intention claire et préméditée : traquer toute scène pouvant être interprétée de manière malveillante afin de porter atteinte à l’image des Algériens.
Il a d’abord tenté de filmer des journalistes algériens pendant leur pause déjeuner au stade. Il convient de souligner ici que la prise en charge alimentaire des journalistes accrédités durant cette CAN a été nettement en deçà des standards habituels, contrairement aux éditions précédentes.
De simples assiettes composées essentiellement de pâtisseries ont été servies, insuffisantes pour le grand nombre de journalistes présents, loin des repas complets traditionnellement proposés les jours de match.
« Les journalistes algériens en situation de famine ? »
Les journalistes algériens ont remarqué la première tentative de filmage mais l’ont ignorée. Toutefois, le même individu est réapparu après la fin du match, à un moment de forte tension, non seulement en raison de l’élimination, mais aussi à cause de scènes de célébrations excessives de certains supporters marocains de la qualification du Nigeria dans la zone mixte.
À la fin de la rencontre, le comité d’organisation a distribué des yaourts portant le logo d’un sponsor de la compétition. En raison de l’absence de repas adéquats et des longues heures passées au stade, plusieurs journalistes, dont des Algériens, ont pris ces produits.
Le photographe marocain a alors exploité la scène en filmant de manière sélective les journalistes algériens, avec l’intention manifeste de les présenter sous un jour négatif. Cela s’est confirmé par la suite lorsqu’il a publié la vidéo accompagnée d’un commentaire affirmant que les Algériens se seraient rués sur les yaourts « comme s’ils étaient affamés ».
Une promesse de ne pas publier… non tenue
Face à cette provocation flagrante et à cette tentative délibérée de diffamation, il était prévisible que des réactions de colère surgissent. La situation a dégénéré en altercation physique, dans un contexte émotionnel extrêmement tendu.
Un journaliste algérien a donné un coup au photographe, entraînant une confusion générale avant l’intervention des organisateurs. Le calme n’est revenu qu’après l’engagement pris par les responsables de supprimer la vidéo et de ne pas la diffuser.
Cependant, la situation a de nouveau dégénéré après la diffusion de la vidéo, accompagnée de celle de la bagarre. La zone mixte s’est transformée en véritable ring de boxe avant que les forces de sécurité, arrivées en nombre, ainsi que les responsables médias de la CAF, n’interviennent.
À ce moment-là, la situation s’est inversée : le photographe marocain, initialement provocateur, s’est présenté comme victime, déposant une plainte auprès des services de sécurité. Un procès-verbal a été établi, suivi d’une séance de conciliation, insuffisante pour réparer les dommages causés à l’image des Algériens par ces pratiques délibérées.
« Les Algériens détériorent les voitures marocaines »
La campagne de dénigrement ne s’est pas arrêtée là. Des vidéos ont circulé montrant des véhicules loués par des Algériens se rendant au Grand stade de Marrakech. Ces voitures avaient été orientées par l’organisation vers un parking improvisé, au sol boueux et dégradé — dont faisait partie le véhicule dans lequel nous nous trouvions personnellement.
Si certaines tentatives d’extorsion d’argent par des individus ont été rapidement stoppées par les forces de sécurité marocaines, le plus choquant reste la diffusion d’une vidéo accompagnée d’un commentaire malveillant affirmant que les Algériens auraient volontairement endommagé des voitures marocaines, en totale ignorance du contexte réel.
La fabrication de contenus trompeurs
Ce qui se déroule actuellement relève d’une campagne méthodique de déformation de l’image des Algériens à travers la production de contenus biaisés et mensongers présentés à l’opinion publique sous une forme trompeuse.
De telles pratiques ne servent ni le journalisme ni le sport et portent atteinte, avant tout, à l’éthique de la profession journalistique, censée transmettre la vérité et non la fabriquer. Malheureusement, certains Marocains ont adhéré à cette campagne de désinformation, une réalité que nous ressentons quotidiennement durant cette compétition.
Cela nous amène, comme beaucoup d’autres, à nous interroger : jusqu’où cette propagande aurait-elle été poussée si l’Algérie s’était qualifiée pour affronter le Maroc en demi-finale ?
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