Des détenues palestiniennes racontent les horreurs des prisons de l’occupation

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Entre les cadeaux offerts aux prisonnières libérées par la résistance palestinienne, dimanche dernier, dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu à Gaza, et les témoignages poignants des détenues palestiniennes dénonçant la brutalité des prisons sionistes, l’opinion publique mondiale se trouve face à l’organisation rigoureuse de la résistance islamique palestinienne, à l’humanité de ses combattants et à la noblesse de ses hommes, contre l’instabilité du régime occupant.
Les prisonnières palestiniennes libérées lors de la première phase de l'accord d'échange avec l'occupation, après 15 mois d'agression contre Gaza, ont dévoilé la véritable image de la politique de l'occupation, qui pratique les pires types de torture et d'abus à l'intérieur de prisons fortifiées contre des femmes, des enfants, des personnes sans défense, tandis que le terrain met à nu la lâcheté de ses soldats.
Fouilles humiliantes et froid glacial
Après sept mois d’épreuves passées derrière les barreaux, la prisonnière palestinienne Amal Shujaiya a enfin retrouvé la liberté dimanche soir.
Dans son témoignage à l'agence Anadolu, cette étudiante de 22 ans, originaire de Deir Jarir, à l'est de Ramallah, en Cisjordanie, a déclaré : « Nous subissons quotidiennement la répression, la confiscation de nos effets personnels et des brimades constantes. »
Shujaiya a qualifié les conditions de détention d’extrêmement difficiles, soulignant que « le froid glacial ronge nos corps, et nous souffrons d’une grave pénurie de nourriture et de médicaments».
Violant gravement leur intimité, les prisonnières palestiniennes subissent des fouilles corporelles humiliantes et des perquisitions quotidiennes de leurs cellules, explique Shujaiya : « Il n'y a aucune intimité pour les femmes détenues. Dès l'arrestation, il y a une fouille intégrale et des intrusions constantes dans nos sections. »
« Ce n’est pas seulement difficile, c’est une violation de notre dignité qui nous cause beaucoup de tort», a-t-elle ajouté.
Shujaiya exprime également sa crainte d’être à nouveau arrêtée, comme cela s’est produit pour les anciens détenus libérés lors de l’accord Shalit en 2011, révélant qu’elle a récemment été interrogée à la prison d’Ofer et convoquée pour un nouvel interrogatoire début du mois prochain.
Elle souligne aussi la maltraitance infligée par l'administration pénitentiaire israélienne la veille de leur libération : « Nous avons été traînées au sol, certaines ont vu leurs affaires personnelles confisquées, nos têtes baissées et nous avons subi des fouilles dégradantes».
Des prisonnières toujours derrière les barreaux
En larmes, l’ancienne détenue palestinienne Hanan Maalouani, âgée de 24 ans, a confié à l’agence Anadolu sa tristesse d’avoir été libérée avec d’autres prisonnières, tandis que d’autres détenus soient toujours derrière les barreaux. Arrêtée en septembre 2024 à son domicile à Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, elle a été placée en détention administrative sans inculpation.
« Jusqu’à la dernière minute, nous n’étions pas informées de notre libération », a-t-elle raconté. « On nous a servi le petit-déjeuner, puis le déjeuner, et on nous a dit qu’il n’y aurait pas de libérations. Ce n’est qu’en fin d’après-midi que nous avons été transférées de la prison de Damon (nord de la Palestine) à celle d’Ofer (ouest de Ramallah), laissant derrière nous d’autres prisonnières».
Entre les humiliations de l’occupant et la noblesse de la résistance
Pour sa part, la prisonnière libérée Raghad Amro, âgée de 23 ans, a raconté les sévices, les insultes et les coups qu'elles ont subis avant leur libération, notamment en étant tirées par les cheveux. Elle a comparé leur traitement à celui des trois détenues israéliennes libérées par le Hamas, qui sont apparues en bonne santé, vêtues de vêtements propres et élégants, et ayant même reçu des cadeaux de la résistance palestinienne.
« On m'a dit que la résistance avait offert des cadeaux aux détenues israéliennes, alors que nous avons été traînées par les cheveux et avons subi de nombreuses autres humiliations », a-t-elle déclaré.
Une torture psychologique
Yasmine Abou Srour, une ex-détenue de 27 ans, a témoigné que l’occupant les avait soumises à une pression psychologique intense jusqu’aux dernières heures, affirmant : « Depuis une semaine, nous n’avions plus aucune information, nous ne savions pas ce qui se passait à l’extérieur. Jusqu’à ce matin-là, nous n’étions pas certaines que ce serait le jour de notre libération».
Pour rappel, la libération des 90 détenus palestiniens s’inscrit dans la première phase d’un accord de cessez-le-feu conclu entre le Hamas et l’occupant, sous la médiation du Qatar, de l'Égypte et des États-Unis.
Actuellement, l’occupant détient plus de 10.400 prisonniers palestiniens dans ses geôles, tandis qu’environ 96 détenus israéliens sont toujours retenus à Gaza. Le Hamas a par ailleurs annoncé que plusieurs d’entre eux avaient été tués lors de bombardements israéliens indiscriminés.