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Football : 27 clubs interdits de recruter de nouveaux joueurs

L'aisance financière dont bénéficient de nombreux clubs nationaux, détenus majoritairement par des entreprises publiques, ne semble plus être synonyme d'une gestion exemplaire ou efficace

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Le championnat de Ligue 1 reprendra le 27 août prochain, conformément à la décision prise lors de la réunion du Conseil fédéral tenue samedi dernier. Cette reprise intervient après une saison marquée par la domination sans partage du MC Alger, sacré champion pour la troisième fois consécutive et la dixième de son histoire. Ce nouveau titre accentue la pression sur ses principaux concurrents, à une époque où le sacre revêt une importance particulière dans un contexte d'« aisance financière » dont bénéficient plusieurs clubs de l'élite algérienne.

Cependant, cette aisance financière dont profitent de nombreuses équipes, dont les sociétés sportives sont majoritairement détenues par des entreprises publiques, ne semble plus être synonyme de gestion exemplaire ou efficace. En témoigne le retour de nombreux clubs algériens sur les « listes noires » de la Fédération algérienne de football (FAF) et de la FIFA.

Le communiqué publié à l'issue de la réunion du Bureau fédéral confirme que 27 clubs algériens sont provisoirement interdits d'enregistrer de nouveaux joueurs, aussi bien au niveau national qu'international, jusqu'à la régularisation de leur situation, qu'il s'agisse de litiges financiers ou d'infractions réglementaires, conformément aux dispositions de la circulaire n°1843 de la FIFA, publiée le 28 avril 2023.

Si le Bureau fédéral précise que la majorité de ces litiges relèvent de conflits financiers résultant du non-respect par les clubs de leurs obligations contractuelles envers les joueurs et les entraîneurs, notamment le non-paiement de leurs créances, il a néanmoins appelé l'ensemble des clubs concernés à régulariser sans délai leurs engagements et leur situation juridique et financière afin d'obtenir une décision officielle levant l'interdiction de recrutement. La FAF a également adressé une mise en demeure aux clubs concernés, les appelant à assumer pleinement les conséquences sportives, administratives et organisationnelles qui découleraient du maintien de cette sanction.

Le nombre de clubs algériens sanctionnés par la FIFA a doublé en un an
Par cette démarche, le Bureau fédéral entend renforcer la transparence des opérations sportives et financières au sein des clubs et informer les différents acteurs de la situation des équipes concernées. L'objectif est également d'éviter que des joueurs ou d'autres clubs ne s'engagent avec des formations frappées d'interdiction, ce qui risquerait de compliquer davantage les opérations de transfert pendant la période de sanction.

L'un des faits marquants est la présence de six grands clubs, gérés par des entreprises publiques, parmi les sept clubs visés par l'interdiction prononcée conjointement par la FIFA et la FAF. Cette situation soulève de nombreuses interrogations sur la volonté des dirigeants de ces clubs de régler les dossiers en suspens, notamment ceux qui figurent régulièrement sur les listes noires de la FIFA, à l'image du CS Constantine, de l'ES Sétif, du CR Belouizdad, de l'USM Alger et de la JS Kabylie.

Parmi les clubs concernés par des « litiges déterminants », la JS Saoura apparaît pour la première fois, alors que le club de Béchar était jusque-là réputé pour la solidité de sa gestion, y compris lorsqu'il évoluait en deuxième division. Son nom figure désormais aux côtés d'un autre club du Sud, l'US Biskra, également frappé d'une interdiction provisoire de recrutement au niveau national, la FAF étant l'autorité ayant prononcé cette sanction.

À l'exception de ce dernier cas, les autres clubs de Ligue 1 paient aujourd'hui le prix de leur mauvaise gestion des dossiers concernant les joueurs et entraîneurs étrangers ou binationaux. Leurs noms figurent dans la liste des clubs sanctionnés par la FIFA. La situation paraît encore plus complexe pour le CS Constantine, seul club à voir apparaître simultanément les indicateurs de la FIFA et de la FAF, obligeant ainsi sa direction à rouvrir les anciens dossiers et à tenter de régler les litiges en attente afin d'obtenir le feu vert pour recruter avant la prochaine saison, après un exercice particulièrement décevant.

Cette année, le nombre de clubs algériens frappés d'une interdiction de recrutement par la FIFA est passé de cinq à dix, un indicateur qui, pour de nombreux observateurs et instances, reflète la crédibilité des responsables du championnat, à commencer par les présidents de clubs et les dirigeants des sociétés sportives.

Onze clubs de Ligue 2 également menacés
Les interdictions de recrutement ne concernent pas uniquement les clubs de Ligue 1. Elles touchent également onze clubs appelés à évoluer en Ligue 2 la saison prochaine.

Parmi eux figurent le MC El Bayadh et l'ES Mostaganem, relégués à l'issue de la saison écoulée, une situation qui laisse présager des difficultés pour assurer leur stabilité à l'avenir, d'autant que les sanctions émanent à la fois de la FAF et de la FIFA.

Le cas de l'ES Mostaganem apparaît plus délicat, le club ayant recruté plusieurs joueurs binationaux bénéficiant de salaires supérieurs à ses capacités financières, sans atteindre les objectifs sportifs fixés. La liste comprend également deux clubs habitués des listes noires, le NC Magra et l'ARB Arbaâ, ce dernier ayant assuré son maintien de justesse lors des dernières journées.

Les clubs sanctionnés par la FAF en Ligue 2 pour des litiges nationaux sont le NA Hussein Dey, le WA Tlemcen, l'USM Annaba, le MO Constantine et le GC Mascara. S'y ajoutent les relégués l'US Blida et la JS Skikda, de retour en Ligue 2 après plusieurs saisons passées dans les divisions inférieures.

Un « lourd héritage » pèse sur les clubs de l'Inter-régions
Plusieurs clubs évoluant désormais en championnat Inter-régions réapparaissent également parmi les clubs interdits de recrutement en raison d'un héritage ancien qu'ils ne sont toujours pas parvenus à régler. Tous ont déjà évolué en Ligue 1 avant d'être relégués à la suite de difficultés internes et d'une mauvaise gestion.

C'est notamment le cas de l'USM Bel Abbès, pensionnaire de la troisième division depuis quatre saisons, qui n'a toujours pas réglé les conséquences du litige avec le joueur Jesse Mayele, de nationalité congolo-néerlandaise. À l'époque de la présidence de Kheïreddine Zetchi, la FAF avait pris en charge le paiement des sommes dues au joueur via la FIFA afin d'éviter des sanctions, sans que le club ne rembourse ensuite sa dette envers l'instance fédérale.

D'autres clubs figurent également sur cette liste, notamment le Hilal Chelghoum Laïd, l'AS Aïn M'lila, le RC Relizane et le CA Bordj Bou Arréridj. La nouveauté est l'apparition du Mediouni d'Oran, frappé cette fois-ci d'une interdiction de recrutement, contrairement aux saisons précédentes.

Trois clubs entraînent leurs difficultés jusque dans les divisions régionales
Le communiqué du Bureau fédéral fait enfin état de trois clubs, désormais appelés à évoluer dans les divisions régionales, qui restent eux aussi interdits de recrutement : l'Olympique de Médéa, l'US Souf et l'US Ouargla, récemment reléguée.

Ces trois clubs ont en commun d'avoir été confrontés à de graves difficultés administratives et financières qui les ont précipités vers les divisions inférieures, malgré les efforts consentis par certains d'entre eux, à l'image de l'Olympique de Médéa, qui devra probablement patienter plusieurs saisons avant qu'une nouvelle génération de joueurs et de dirigeants ne lui permette de retrouver l'élite.