Nation

« Tout le monde s’entend avec l’Algérie sauf nous »

Ségolène Royal adresse de vives critiques aux dirigeants politiques français

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Ségolène Royal, présidente de l’association France-Algérie, a renouvelé ses critiques à l’égard de la manière dont Paris traite l’Algérie, appelant à renforcer la coopération économique entre les deux pays. Selon elle, les investissements conjoints dans les secteurs de l’énergie et de l’industrie pourraient ouvrir la voie à une amélioration des relations politiques.

Lors d’un entretien accordé hier à la chaîne LCI, à son retour d’Algérie, Ségolène Royal a déclaré : « Tout le monde s’entend avec l’Algérie, sauf nous », soulignant que l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie se tournent vers l’Algérie pour s’approvisionner en pétrole et en gaz et conclure des contrats industriels.

Elle a ajouté qu’il serait « plus intelligent » de se tourner vers l’Algérie pour s’approvisionner en gaz et en hydrocarbures algériens, citant les démarches entreprises par d’autres pays européens dans ce domaine. Elle s’est également interrogée sur la possibilité pour les Français de bénéficier de prix du gaz plus bas.

Ségolène Royal a par ailleurs évoqué l’annonce d’un projet d’implantation d’une usine du constructeur automobile Opel en Algérie, rappelant, en contrepoint, la fermeture de l’usine Renault à Oran.

Elle a également estimé que la mise en place de partenariats économiques entre les deux pays pourrait permettre de réduire les prix de l’essence. Soulignant la proximité géographique entre l’Algérie et la France, elle a insisté sur la possibilité de nouer des partenariats avantageux pour les deux parties. « N’est-ce pas une démarche intelligente ? Si je devenais un jour présidente de la République, c’est ce que je ferais », a-t-elle affirmé.

Ségolène Royal a établi un lien entre la coopération économique et le rapprochement politique, estimant que des hommes d’affaires des deux rives de la Méditerranée travaillant ensemble à la réalisation de projets communs pourraient aider les responsables politiques à se réconcilier et permettre aux relations bilatérales de progresser.

Elle a également soulevé la question des médecins algériens exerçant dans les hôpitaux français, en demandant : « Savez-vous combien de médecins algériens travaillent dans nos hôpitaux ? »

Ségolène Royal a précisé qu’elle présidait l’association France-Algérie depuis un an et trois mois. Elle a expliqué qu’elle revenait d’une visite en Algérie et rappelé que l’association avait été créée au lendemain de la guerre d’Algérie, à l’initiative du général Charles de Gaulle, dans le but de préserver les liens entre les deux peuples et de tenter de reconstruire leur amitié.

Elle a souligné qu’elle ne se rendait pas en Algérie à chaque invitation, mais uniquement à l’occasion d’événements importants. Sa dernière visite coïncidait avec une manifestation organisée à Djanet, dans la région du Tassili, consacrée à l’art rupestre.

Elle a salué le patrimoine ancien de la région, estimant qu’il témoignait de traditions séculaires, contrairement à certaines idées véhiculées ici et là.

Au cours de l’entretien, Ségolène Royal a également abordé le cas du journaliste français Christophe Gleizes, détenu en Algérie. Elle a affirmé l’avoir rencontré lors de sa dernière visite et a précisé qu’elle tenait à lui rendre visite à chacun de ses déplacements dans le pays. Selon elle, le journaliste va bien, car il garde un bon moral, même si elle a reconnu que sa détention se prolongeait.