Monde

Le Maroc expulse deux militants internationaux des droits de l’Homme

Une nouvelle mesure arbitraire visant à empêcher la documentation des violations commises au Sahara occidental

  • 18
  • 2:10 Min

Les autorités d’occupation marocaines ont expulsé deux militants internationaux des droits de l’Homme de la ville occupée de Laâyoune, dans une nouvelle mesure arbitraire visant à empêcher la documentation des violations commises au Sahara occidental. Cette décision illustre la volonté de maintenir le blocus médiatique et des droits de l’Homme imposé au territoire occupé et de priver les observateurs étrangers de tout accès direct à la réalité vécue par le peuple sahraoui sous occupation.

Selon l’Agence de presse sahraouie (SPS), qui a rapporté l’information ce vendredi, il s’agit des militants et étudiants Marian Boge Stavik et André Christopher Pelletier, âgés de 22 ans. L’un possède les nationalités américaine et norvégienne, tandis que l’autre est de nationalité norvégienne. Ils s’étaient rendus à Laâyoune occupée pour s’informer de la situation des droits de l’Homme et recueillir les témoignages de citoyens et de militants sahraouis sur les violations dont ils sont victimes.

Dans le cadre de leur visite, les deux militants ont tenu une rencontre au domicile du défenseur sahraoui des droits de l’Homme et ancien prisonnier politique, Sidi Mohamed Daddach, en présence de militants des droits de l’Homme et de membres des familles des détenus du groupe de Gdeim Izik, condamnés à de lourdes peines de prison pouvant aller jusqu’à la perpétuité. Ils ont ainsi recueilli des témoignages sur leurs conditions de détention et les souffrances endurées par leurs familles.

Cependant, leur volonté de poursuivre leur visite s’est heurtée à l’intervention des services de l’occupation. Six individus en civil leur ont barré la route alors qu’ils regagnaient leur hôtel, jeudi soir, leur signifiant qu’ils étaient « indésirables » dans le territoire occupé. Ils les ont ensuite contraints à monter dans un taxi en direction de la ville marocaine d’Agadir, au terme d’un trajet d’environ douze heures, afin de les empêcher de poursuivre leurs rencontres avec les défenseurs sahraouis des droits de l’Homme.

Cette pratique s’inscrit dans une politique systématique visant à entraver toute forme de contrôle indépendant dans les territoires sahraouis occupés. Les restrictions ne touchent pas uniquement les militants et défenseurs sahraouis, mais s’étendent également à l’expulsion d’observateurs étrangers et à l’obstruction de la transmission de témoignages et de faits de terrain aux instances et organisations internationales.

Selon l’Agence de presse sahraouie, les autorités d’occupation marocaines ont interdit l’accès au territoire ou expulsé plus de 330 observateurs étrangers depuis 2014, parmi lesquels des parlementaires, des journalistes, des avocats et des militants des droits de l’Homme de différentes nationalités. Un bilan qui illustre l’ampleur des restrictions imposées à la présence indépendante des acteurs des droits de l’Homme et des médias dans le territoire occupé.