Le président de la commission d’arbitrage, Mehdi Abid Charef, a décidé de convoquer plusieurs arbitres ainsi que des arbitres assistants vidéo (VAR) afin de comparaître devant la commission mardi prochain, dans le but de les interroger sur les éléments révélés par une enquête publiée par le site “La Gazette du Fennec”, qui évoque de graves soupçons de manipulation potentielle de résultats de certains matchs via un réseau international de paris sportifs.
L’enquête, publiée il y a quelques jours, a notamment mis en lumière le match du championnat professionnel de première division opposant la MC Oran à l’ES Sétif le 20 novembre dernier au stade Miloud Hadefi, qui s’est soldé par un match nul (0-0). Cette rencontre a suscité de nombreuses interrogations en raison de décisions arbitrales controversées, notamment au niveau de la VAR.
Selon la même source, le match dirigé par l’arbitre Yahia Dehar — l’un des arbitres convoqués dans le cadre de l’enquête — aurait été marqué par des “irrégularités” évidentes, dont l’annulation d’un penalty pour la MC Oran après recours à la VAR, ainsi que l’absence d’intervention dans deux autres situations jugées flagrantes. Ces éléments avaient déjà poussé la direction du club oranais à protester officiellement et à demander l’ouverture d’une enquête.
Mais ce qui rend le dossier plus grave encore, ce sont les données liées aux paris sportifs, avec des volumes anormaux enregistrés sur le résultat nul, atteignant environ 120 000 euros sur une plateforme de paris, alors que la moyenne des matchs similaires ne dépasse pas 10 000 euros. Plus préoccupant encore, 81 % des mises auraient été concentrées sur le match nul, ce que certains observateurs qualifient de déséquilibre statistique “impossible dans un marché sain”.
Le rapport mentionne également une hausse soudaine des mises pendant le match, avec près de 49 000 euros injectés en une seule minute, renforçant l’hypothèse d’un scénario préétabli pour un match sans vainqueur, notamment après l’intervention de la VAR ayant annulé un penalty décisif.
Ces développements interviennent dans un contexte de forte tension au sein de l’arbitrage algérien, notamment après l’affaire de l’arbitre international Benyahia, qui a été contraint de démissionner sous pression de la commission d’arbitrage dirigée par Abid Charef, après avoir été tenu responsable des incidents survenus lors du match entre Mostakbel Rouissat et l’Olympique Akbou.
Cette rencontre avait été marquée par une invasion de terrain et des tentatives d’agression contre les officiels, après la décision de Benyahia d’accorder 12 minutes de temps additionnel, alors qu’il avait initialement annoncé 8 minutes, permettant à l’Olympique Akbou d’égaliser dans les derniers instants.
Fait marquant : la fermeté appliquée dans le cas de Benyahia contraste avec la décision de la commission disciplinaire, qui n’a infligé à Mostakbal Rouissat qu’une suspension de deux matchs à huis clos, une sanction jugée légère par de nombreux observateurs. Cette différence de traitement a relancé les critiques sur une possible double standard, d’autant plus que Benyahia, arbitre international, a perdu son badge FIFA après sa démission.
Dans ce climat tendu, la pression s’intensifie sur Mehdi Abid Charef, désormais fortement critiqué par des clubs et certains arbitres, qui estiment qu’il n’a pas assuré une protection suffisante face aux accusations qui fragilisent la crédibilité de l’arbitrage.
Selon des sources proches du dossier, Abid Charef envisagerait même de quitter ses fonctions à la fin de la saison, signe de la forte pression qu’il subit depuis plusieurs mois, y compris au sein de la Fédération algérienne de football.
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