Société

Hausse inquiétante de la consommation de drogues chez les femmes en Algérie

Des spécialistes tirent la sonnette d’alarme.

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Dr Amel Zertal spécialiste en maladies infectieuses à l'EHS El Kettar à Alger, a affirmé aujourd’hui que l’année 2025 a été, par excellence, celle de la féminisation de la consommation de drogues en Algérie. Elle a souligné une augmentation remarquable de la consommation de stupéfiants chez les femmes, notamment la cocaïne, qui est consommée en Algérie par injection intraveineuse.

À ce sujet, l’intervenante a expliqué, dans une déclaration au journal El Khabar, en marge d’une rencontre scientifique organisée par l’Institut national de santé publique et consacrée à la problématique de l’addiction en milieu professionnel, que ce type de dépendance, ainsi que le partage des mêmes seringues, conduit à la contamination par le VIH (sida) et par l’hépatite virale. Elle a précisé que les milieux de toxicomanes sont devenus de véritables réservoirs du VIH et de l’hépatite virale, ajoutant que le rôle des équipes médicales consiste à freiner la propagation de ces infections.

Elle a également indiqué que cette dépendance est à l’origine d’autres problèmes de santé, tels que la sclérose des veines, expliquant que la cocaïne provoque un rétrécissement sévère des vaisseaux sanguins, ce qui réduit le flux sanguin et endommage la paroi veineuse.

La spécialiste a cité le cas d’une femme enceinte, âgée de 40 ans et toxicomane, qui s’est récemment présentée à leur service en raison de ces complications sanitaires. Elle a ajouté que les milieux de dépendance ne concernent pas uniquement des personnes marginalisées, mais incluent également des enfants issus de familles respectables, dont les parents hésitent, par honte, à les orienter vers des centres de prise en charge des addictions.

Elle a illustré ses propos par l’exemple du fils d’une médecin toxicomane, dont la mère a beaucoup souffert avant de décider de le confier à ses collègues médecins pour sa prise en charge.

De son côté, la professeure Souad Meriem Amari, du service de médecine du travail à Bab El Oued, a affirmé, dans une déclaration à El Khabar, que la consommation de drogues en milieu professionnel est devenue une réalité incontournable. Elle a mis en garde contre ses effets négatifs, notamment dans certains secteurs professionnels comme le bâtiment, les travaux en hauteur exposés aux chutes, ainsi que chez les conducteurs de voitures et de camions.

Elle a également souligné que les professionnels de la santé, en contact quotidien avec certaines substances stupéfiantes — tels que certains médecins, infirmiers et pharmaciens — font partie des catégories concernées par la consommation de drogues en milieu professionnel.

Pour sa part, le professeur Abdelkrim Massaoudi, chef du service de psychiatrie à l’établissement hospitalier spécialisé de Chéraga, a indiqué que l’addiction en milieu professionnel est une réalité qui ne peut être ignorée, soulignant que la situation exige la mise en place d’une stratégie rigoureuse et d’une prise en charge pluridisciplinaire, compte tenu de la gravité et de la multiplicité des conséquences sanitaires.