Les candidats âgés de moins de 40 ans représentent plus de la moitié des prétendants aux élections législatives prévues le 2 juillet prochain. Une présence qui leur offre, du moins sur le papier, l’opportunité d’augmenter le nombre actuel de jeunes députés, estimé à 140 élus depuis le scrutin de juin 2021.
Selon les statistiques publiées par l’Autorité nationale indépendante des élections, 5 304 candidats de moins de 40 ans sont engagés dans la course électorale, soit 54 % de l’ensemble des 9 854 candidats en lice pour les 407 sièges de l’Assemblée populaire nationale. Ce poids numérique fait de cette catégorie un acteur potentiel majeur dans la composition du futur Parlement.
Toutefois, cette forte présence ne garantit pas automatiquement une représentation plus importante. Le système de la liste ouverte impose aux candidats de mobiliser un électorat personnel et de se hisser parmi les premiers de leur liste. Par ailleurs, la multiplication des candidatures de jeunes peut accentuer la concurrence au sein de la même tranche d’âge. À cela s’ajoute la faible participation d’une partie de l’électorat jeune, tandis que les électeurs plus âgés privilégient souvent des profils bénéficiant d’une expérience politique ou associative plus affirmée.
L’engagement massif des jeunes soulève également la question des moyens financiers. Les candidats issus des partis politiques doivent souvent composer avec des ressources limitées, contrairement à certains indépendants. Dans ce cadre, l’État prend en charge le financement des campagnes des jeunes candidats indépendants de moins de 40 ans à hauteur de 300 000 dinars.
Les difficultés ne se limitent pas à l’aspect financier. Le manque d’expérience politique, notamment pour les nouveaux venus ou les candidats issus de formations peu structurées, constitue un autre obstacle. Beaucoup doivent apprendre à gérer une campagne électorale, à communiquer avec les électeurs et à organiser des activités de terrain.
Des défis encore plus importants
Malgré les avancées enregistrées dans les domaines de l’éducation et de l’emploi, les femmes candidates continuent de faire face à des obstacles supplémentaires. Leur défi ne se résume pas à obtenir l’investiture ou à convaincre les électeurs de soutenir une liste, mais aussi à décrocher des voix directes dans un contexte marqué par la suppression du système de quotas.
Cette réforme a contribué à une baisse significative de la représentation féminine. Lors des législatives de 2021, seules 32 femmes ont été élues députées, un niveau comparable à celui observé il y a près de vingt ans. À titre de comparaison, les femmes avaient obtenu leur meilleure représentation en 2012 avec 146 députées, soit près de 32 % des sièges, avant de décrocher 120 sièges lors du scrutin de 2017 sur un total de 462.
Au-delà des considérations juridiques, certaines perceptions sociales continuent également d’influencer le vote, en accordant parfois davantage de légitimité aux hommes pour les fonctions de décision et de responsabilité.
Malgré ces contraintes, plusieurs formations politiques maintiennent leur pari sur la participation féminine. Le Parti des travailleurs a ainsi placé des femmes à la tête de cinq listes électorales et leur accorde une place importante dans plusieurs grandes villes. De son côté, la Mouvement de la société pour la paix a présenté 109 candidates, avec l’ambition d’améliorer sa représentation féminine au sein de la prochaine Assemblée.
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