Le tribunal de Fellaoucene à Oran a décidé aujourd'hui de renvoyer, pour la troisième fois, l'examen de l'affaire opposant Saâda Arbane à l'écrivain franco-algérien Kamel Daoud et à son épouse. L'audience a été renvoyée au 8 juillet prochain, soit le troisième report depuis la clôture de l'instruction, en raison de la non-comparution du prévenu devant la justice.
Pour rappel, Arabane a également déposé une plainte devant la justice française afin d'obtenir réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi à la suite de la divulgation d'éléments relevant de sa vie privée. Selon elle, des informations issues de son dossier médical, détenu par sa psychiatre — qui est l'épouse de Kamel Daoud — auraient été utilisées dans son roman Houris, récompensé par le Prix Goncourt. L'ouvrage raconte l'histoire d'une jeune femme ayant survécu à un massacre terroriste durant la décennie noire, et présenterait de fortes similitudes avec le parcours de la plaignante.
Le tribunal avait auparavant rendu un jugement par contumace condamnant Kamel Daoud à trois ans de prison ferme, à une amende de 300 000 dinars et au versement de 500 000 dinars de dommages et intérêts à l'Organisation nationale des victimes du terrorisme. La juridiction avait également confirmé un mandat d'arrêt international à son encontre. Cette organisation a elle aussi engagé des poursuites contre l'écrivain, en s'appuyant sur les dispositions de la loi sur la réconciliation nationale, qui encadre l'évocation de la décennie noire dans les œuvres artistiques.
Le procureur général adjoint près la cour d'Oran, Rozale Boumediene, avait déclaré à la presse après le prononcé du jugement que « l'action publique ainsi que les poursuites pénales ont été engagées par les victimes et non par le parquet ». Il a précisé que toute victime dispose du droit de déclencher l'action publique de manière indépendante du ministère public, en déposant une plainte avec constitution de partie civile devant le juge d'instruction, lequel est tenu par la loi d'enquêter sur les faits dénoncés.
À noter que l'instruction de cette affaire a duré plus d'une année avant son renvoi devant la section correctionnelle du tribunal de Fellaoucene, où plusieurs convocations ont été adressées au prévenu afin de lui permettre de comparaître à l'audience.
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