Dans le contexte de l’élection du député Fatah Boutbig à la présidence du Parlement panafricain, hier, avec une majorité écrasante, les élections du bureau provisoire du groupe régional de l’Afrique du Nord, chargé de présenter un candidat à la présidence du Parlement, ont été marquées par des tentatives marocaines jugées inhabituelles visant à obtenir une adhésion à tout prix et à influencer le déroulement des événements, voire à présenter un candidat à la dernière minute.
Selon El Khabar, les coulisses et le déroulement du scrutin ont été marqués par une compétition intense lors de l’élection du bureau du groupe régional de l’Afrique du Nord, dans lequel aucune candidature algérienne n’a été présentée, la délégation algérienne ayant pour priorité la présidence de cette instance continentale relevant de l’Union africaine.
Cependant, il est à noter qu’après la victoire de la délégation tunisienne à la présidence du bureau et de la délégation mauritanienne au poste de vice-président, la délégation marocaine a présenté un parlementaire pour le poste de rapporteur du bureau, face à une personnalité de la délégation sahraouie, alors que sa politique habituelle dans cette instance consistait à ignorer les représentants sahraouis et à ne pas se présenter avec eux ou contre eux, selon la même source.
Dans leur volonté intense d’obtenir le poste de rapporteur et d’influencer les orientations des votes et des candidatures, la délégation marocaine aurait ainsi abandonné sa ligne habituelle et s’est engagée dans une compétition serrée avec un représentant sahraoui.
Cependant, la surprise est venue de la défaite du candidat marocain face au représentant sahraoui par 18 voix contre un faible nombre de voix, ce qui a laissé la délégation marocaine sans représentation au sein du bureau, tandis que les élections ont ensuite conduit à la candidature de l’Algérien Fatah Boutbig devant l’Assemblée générale, où il a remporté une majorité écrasante.
Ce comportement marocain a suscité, selon la même source, l’étonnement des parlementaires de l’Afrique du Nord, qui se sont interrogés sur cette volonté « inhabituelle » ayant conduit la délégation marocaine à changer sa position vis-à-vis des représentants sahraouis, alors qu’elle adoptait auparavant une politique de non-reconnaissance.
Des observateurs et parlementaires estiment que ce changement de position constitue une reconnaissance implicite de la délégation du Sahara occidental, en plus de la reconnaissance indirecte illustrée par leur participation conjointe au sein de l’instance, que certains interprètent comme un abandon de la politique de la chaise vide adoptée pendant des années dans les institutions continentales.
Le bureau provisoire du groupe régional de l’Afrique du Nord arrive à expiration aujourd’hui, ouvrant la voie, ce soir, à l’élection d’un bureau permanent ainsi que des autres bureaux des groupes régionaux de l’organisation.
Les processus électoraux ne s’arrêtent pas à ce niveau, puisqu’il est prévu d’autres tours de scrutin pour l’élection des commissions, des instances importantes dans la formulation et l’influence des décisions politiques africaines.
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