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La députée européenne Rima Hassan visée par une violente campagne en France

Son parti et plusieurs observateurs estiment que ces poursuites s’inscrivent dans le contexte d’une montée des pressions sur les voix pro-Palestine en Europe

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L’affaire de la députée européenne française Rima Hassan a relancé le débat en France sur les pressions judiciaires exercées contre les voix défendant les droits du peuple palestinien. Son arrestation a suscité une vague d’indignation dans son entourage, qui a qualifié cette affaire de « nouveau niveau de dégradation dans les persécutions judiciaires ».

En France, la campagne judiciaire contre Rima Hassan se poursuit, que ses partisans décrivent comme une tentative délibérée de réduire au silence une voix importante en faveur des droits des Palestiniens. La députée, membre du parti La France Insoumise dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est accusée de « glorification du terrorisme » pour un ancien post sur les réseaux sociaux, et le parquet de Paris a décidé de la renvoyer devant la cour criminelle en juillet prochain.

Son parti et plusieurs observateurs estiment que ces poursuites s’inscrivent dans le contexte d’une montée des pressions sur les voix pro-Palestine en Europe, surtout après l’émergence de Rima Hassan comme figure politique majeure s’opposant au récit sioniste et défendant les droits des Palestiniens sur la scène internationale.

Les autorités françaises ont détenu Rima Hassan pendant plusieurs heures avant de la libérer, tandis que plusieurs enquêtes restaient ouvertes concernant ses déclarations et positions politiques. Une controverse a également été montée autour de la découverte de produits médicaux dans son sac, présentés par certains médias comme des stupéfiants. Rima Hassan a nié ces accusations, affirmant que les produits étaient légaux et destinés à un usage médical, dénonçant des fuites visant à nuire à son image.

Jean-Luc Mélenchon, chef du parti de Rima Hassan, a estimé que ce qui lui arrive représente « un nouveau niveau de harcèlement judiciaire », dénonçant des motivations politiques derrière ces mesures. Des militants dénoncent également les campagnes applant à juger Rima Hassan, menées par des groupes d’extrême droite et des organisations pro-sionistes, comme une tentative organisée pour exclure les voix pro-palestiniennes de l’espace public européen.

Rima Hassan est l’une des voix politiques les plus actives en France pour Gaza depuis le début de la guerre. Elle a participé à des manifestations populaires et à des événements internationaux et a soutenu des initiatives visant à lever le blocus sur le territoire palestinien. Récemment, elle s’est vue interdire l’entrée au Canada malgré une autorisation préalable, une décision qu’elle a dénoncée comme une restriction à sa liberté d’expression et à son travail parlementaire.

Son avocat, Vincent Brengarth, a déclaré que l’arrestation était « entièrement fabriquée » pour « contourner l’immunité parlementaire », ce qui a conduit à sa détention jeudi dernier. Selon lui, l’arrestation « est totalement illégale » et constitue un « contournement extrêmement dangereux ».

Après cette arrestation, l’affaire Rima Hassan s’est élargie à d’autres enquêtes. Elle a été entendue vendredi dans deux dossiers supplémentaires et a reçu des convocations pour comparaître devant la justice en juillet et septembre prochains.

La campagne contre Rima ne s’est pas limitée au domaine politique : des médias français ont diffusé des informations sur la possession supposée de stupéfiants, ce qu’elle a ensuite clarifié. Le ministre de l’Intérieur a exprimé ses regrets concernant cette fuite.

Rima Hassan a précisé sur ses réseaux sociaux avant la conférence de presse que toutes les auditions libres dont elle a fait l’objet ont été clôturées sans poursuites dans 13 cas sur 16. La majorité de ces plaintes ont été déposées par des organisations pro-sionistes en France, visant ses positions politiques sur la situation à Gaza et en Palestine.

Parmi les dossiers clos figuraient une plainte de Bellamy et un dossier relatif à ce qui avait été considéré comme un appel à la révolte à l’Institut d’études politiques, un autre sur la légitimité de la lutte armée à Gaza et les actions du mouvement Hamas, ainsi que d’autres affaires similaires.