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Entre persuasion et quête de voix : comment les candidats ont-ils mené leur campagne électorale ?

Des pratiques parfois insolites ou controversées, souvent éloignées de l'éthique politique, mais aussi des démarches plus responsables, sérieuses et transparentes

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La campagne électorale en vue des élections législatives du 2 juillet s'est achevée dans la nuit de dimanche à lundi. Pendant trois semaines, les candidats ont multiplié les initiatives pour se faire connaître, présenter leurs programmes et convaincre les électeurs de leur accorder leur confiance. Si beaucoup ont privilégié des méthodes de communication sérieuses, d'autres, ou leurs partisans, ont eu recours à des pratiques pour le moins surprenantes, allant jusqu'à ce que certains qualifient de « mendicité électorale », bien loin de la légitimité politique qui devrait constituer le principal moteur d'une candidature.

Au regard du déroulement de la campagne, aussi bien sur les réseaux sociaux que lors des rassemblements populaires organisés dans les espaces publics, un versant moins reluisant de cette séquence électorale est apparu. Alors que de nombreux candidats ont présenté, avec sobriété, leurs idées, leurs projets et leurs propositions pour répondre aux préoccupations de leurs électeurs, d'autres, ou certains de leurs soutiens, ont opté pour des méthodes populistes et peu rationnelles, jouant sur les attentes des citoyens en échange de leur vote.

Dans ce registre, une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux montre une femme invitant les électrices à voter pour un candidat qu'elle cite nommément, en leur promettant, en contrepartie, une coiffure et une séance de soins esthétiques gratuites dans son salon. Un procédé, accompagné d'un langage particulièrement cru, qui relève davantage de la logique du troc ou de la transaction commerciale que d'une véritable campagne électorale.

Cette scène, éloignée de l'esprit même d'une campagne démocratique, illustre le manque d'encadrement ou la mauvaise compréhension des règles de communication politique. Elle a permis à certains soutiens, davantage guidés par l'émotion que par la réflexion, de prendre une place prépondérante dans la promotion des candidats, renforçant ainsi les appels à moraliser la vie politique et à écarter toute influence de l'argent douteux dans le processus électoral.

Autre dérive relevée par El Khabar : ce qui s'apparente à de la « mendicité électorale ». Un député sortant, candidat à un nouveau mandat, a ainsi appelé ses proches à « l'aider » en votant pour lui afin de compenser les pertes qu'il dit avoir subies durant son premier mandat, expliquant que « le premier mandat était pour les électeurs, le second sera pour lui ».

En procédant ainsi, ce parlementaire s'est éloigné des principes élémentaires d'une campagne électorale, qui consistent à présenter un programme, défendre des projets et écouter les préoccupations des citoyens, pour tomber dans la personnalisation et l'appel à la compassion.

Dans le même esprit, plusieurs candidats ont sillonné les quartiers populaires accompagnés de troupes de musique traditionnelle, multipliant les promesses séduisantes, parfois sans tenir compte des prérogatives limitées d'un député. Des engagements formulés comme s'ils relevaient du pouvoir exécutif, alors qu'ils dépassent largement les compétences parlementaires. Ce type de pratiques continue de marquer les campagnes électorales en Algérie, sous l'influence de facteurs culturels et sociaux qui façonnent encore le comportement électoral.

Parmi les faits ayant retenu l'attention figure également le choix d'un candidat de se déplacer entouré d'un garde du corps durant sa campagne, dans une tentative manifeste de projeter l'image d'une personnalité de premier plan, voire d'un « VIP ».

À l'inverse, la campagne a également donné lieu à des initiatives plus positives. Certains candidats ont adopté un discours rationnel, présenté des propositions réalistes et assumé avec franchise leur volonté d'accéder à un siège à l'Assemblée populaire nationale, sans dissimuler les avantages et le statut social que procure cette fonction.

Parmi eux figuraient notamment d'anciens hauts responsables de l'administration, des journalistes, d'anciens députés et quelques chefs d'entreprise. Tous ont fait le pari d'un discours de vérité, préférant éviter les promesses irréalistes, les flatteries excessives et les déclarations démagogiques destinées à séduire les électeurs.