Nation

« Le moment est venu pour les scientifiques de la diaspora de rendre à la mère patrie ce qu'elle leur a donné »

Déclaration du coordinateur de la réunion constitutive du Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l'étranger

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Le coordinateur de la réunion constitutive du Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l'étranger, Elias Zerhouni, a qualifié le projet de création de cette instance de « moment historique décisif », soulignant que les organisateurs étaient parvenus à mettre sur pied cette conférence en moins d'un mois. Il a estimé que, pour la première fois, les conditions étaient réunies grâce à une volonté politique affirmée, une vision claire et une mission bien définie.

Dans son intervention, prononcée ce dimanche à l'occasion de la réunion constitutive du Haut Conseil, organisée au pôle scientifique et technologique de Sidi Abdellah en présence de scientifiques et de chercheurs algériens de haut niveau venus des quatre coins du monde, le professeur Zerhouni a exprimé sa profonde gratitude au président de la République. Il lui a rendu hommage pour avoir impulsé une dynamique décisive en faveur de la création de cette institution, rappelant qu'il était à l'origine de cette initiative qui faisait depuis longtemps l'objet de discussions entre de nombreux chercheurs algériens établis à l'étranger.

Selon lui, tous partageaient le même souhait : voir naître une structure capable de servir de passerelle entre les scientifiques de la diaspora et leur pays d'origine.

Le professeur Zerhouni a indiqué que plusieurs pays avaient déjà engagé des démarches similaires, estimant que le moment était désormais venu pour l'Algérie de franchir cette étape. Il a affirmé avoir personnellement constaté l'engagement sans équivoque du président de la République ainsi que celui du ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique en faveur d'un projet novateur, qu'il juge indispensable à ce stade du développement du pays.

S'interrogeant sur les raisons de cette initiative aujourd'hui, Elias Zerhouni a répondu que l'Algérie avait investi massivement dans l'enseignement supérieur. « Lorsque beaucoup d'entre nous ont quitté le pays pour poursuivre leur carrière à l'étranger, il n'existait que trois ou quatre universités. Aujourd'hui, l'Algérie compte 57 universités et plus de 50 instituts », a-t-il souligné.

Le coordinateur de la rencontre a expliqué avoir parcouru le pays et constaté de près, aux côtés du ministre Kamel Baddari, l'ampleur des infrastructures réalisées ainsi que les efforts considérables consentis, notamment dans le secteur de l'enseignement supérieur. Il s'est dit particulièrement impressionné par les 1,7 million d'étudiants que compte aujourd'hui le système universitaire algérien.

À l'issue de ses échanges avec ces étudiants, il a affirmé avoir découvert une jeunesse animée d'une grande ambition, d'une forte volonté de progresser et dotée de talents remarquables. Il a rappelé que certains d'entre eux avaient remporté des compétitions internationales dans des domaines de pointe tels que les mathématiques, l'intelligence artificielle ou encore l'informatique quantique.

Pour Elias Zerhouni, le moment est désormais venu de fédérer les compétences. Si de nombreux chercheurs de la diaspora se connaissent déjà, beaucoup d'autres n'ont encore jamais collaboré. Or, ils disposent d'expertises uniques et de réseaux internationaux influents susceptibles de servir les intérêts de l'Algérie.

« L'objectif aujourd'hui est de nous retrouver et de nous unir, non seulement pour gagner en efficacité, mais aussi pour réaliser un rêve partagé par nombre d'entre nous : rendre à notre mère patrie une partie de ce qu'elle nous a donné, dans un esprit de fraternité et en coopération avec nos partenaires en Algérie, selon des priorités clairement définies. Nous ne voulons pas tout faire en même temps », a-t-il expliqué.

Le professeur Zerhouni a enfin insisté sur la nécessité d'obtenir des résultats concrets et durables. « Nous sommes déterminés à faire en sorte que cette initiative produise des réalisations tangibles et pérennes, bien au-delà de l'organisation de conférences de presse. Notre priorité absolue est que ce travail ait un impact positif sur le pays. Il s'agit également de permettre aux chercheurs de la diaspora de contribuer plus efficacement à la construction de l'avenir de l'Algérie et à celui de sa jeunesse », a-t-il conclu.