La directrice du projet d’appui au développement du parcours professionnel des femmes magistrates en Algérie, Asma Aïssiou, a révélé que le nombre de femmes magistrates s’élève à 3 153, sur un effectif total de 6 318 magistrats.
Intervenant lors d’un atelier de sensibilisation destiné aux femmes magistrates, organisé aujourd’hui à Alger dans le cadre du programme de coopération entre le ministère de la Justice et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), visant à soutenir le parcours professionnel des femmes magistrates, la responsable a indiqué que les femmes représentent 49,91 % des effectifs du corps judiciaire.
Selon les chiffres qu’elle a présentés, la Cour suprême compte 193 femmes magistrates sur un total de 411 magistrats, tandis que le Conseil d’État en compte 31 sur un effectif global de 59 magistrats.
La proportion de femmes magistrates atteint 58,82 % au niveau des tribunaux administratifs d’appel et 58,8 % dans les tribunaux administratifs. Quant aux tribunaux commerciaux spécialisés, ils comptent 27 femmes magistrates sur un total de 30, soit une proportion de 90 %.
En revanche, selon la directrice du projet, l’administration centrale compte 33 femmes magistrates sur un effectif total de 99 magistrats. Par ailleurs, dix femmes occupent des postes supérieurs sur un total de 55, soit un taux de 18,18 %. Ces chiffres soulignent l’importance de poursuivre les efforts visant à élargir leurs possibilités d’accès aux postes de responsabilité.
Au cours de son intervention, la responsable a également évoqué, sur le plan législatif, les différents textes ayant renforcé les droits des femmes. Elle a notamment cité les dispositions relatives à leur représentation au sein des assemblées élues et des instances des partis politiques, le droit accordé à la mère de transmettre sa nationalité à ses enfants, la criminalisation des différentes formes de violence à leur encontre, ainsi que l’allongement du congé de maternité à 150 jours.
Elle a également mentionné les mesures de lutte contre les discours de haine et la discrimination, ainsi que la création d’un fonds de pension alimentaire au profit des femmes divorcées et des femmes ayant la garde de leurs enfants.
Elle a enfin rappelé les engagements internationaux de l’Algérie en matière de droits des femmes, à travers son adhésion à des conventions et chartes internationales et africaines dans ce domaine.
De son côté, la représentante du Programme des Nations unies pour le développement en Algérie, Natasha van Rijn, a salué les progrès considérables accomplis par le pays en matière d’égalité entre les femmes et les hommes au sein du corps judiciaire.
Elle a qualifié l’expérience algérienne de pionnière, estimant qu’elle pouvait contribuer à enrichir le débat international sur les moyens de renforcer le leadership féminin au sein des institutions judiciaires.
Elle a également annoncé un projet mené en partenariat avec le ministère de la Justice et les Pays-Bas, qui a permis de former 350 femmes magistrates et de renforcer leurs possibilités d’accéder à des postes à responsabilité.
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