Dans l'une des plus importantes affaires de trafic international de drogue ayant secoué le Maroc ces dernières années, le tribunal de Casablanca a prononcé de lourdes peines contre plusieurs personnalités politiques et sportives dans le cadre de l'affaire dite de « l'Escobar du Sahara », qui a révélé les ramifications des réseaux de trafic de stupéfiants jusque dans les sphères d'influence.
La cour a condamné à dix ans de prison ferme Saïd Naciri, ancien président du Wydad de Casablanca, reconnu coupable de faux en écriture publique, de participation à la détention et au trafic de stupéfiants, d'infractions à la législation douanière, d'escroquerie et de trafic d'influence.
L'ancien président de la région de l'Oriental, Abdelnabi Baïoui, a quant à lui été condamné à douze ans de prison ferme, tandis que son frère, Abderrahim Bayoui, a écopé de neuf ans de réclusion pour des faits liés à la même affaire.
Le tribunal a également condamné l'ancien député Belkacem M. à dix ans de prison ferme pour faux, corruption, facilitation de l'immigration clandestine et participation au trafic de stupéfiants.
L'affaire remonte à décembre 2023, lorsque les autorités marocaines ont lancé une vaste opération ayant conduit à l'arrestation de 28 personnes, parmi lesquelles d'anciens parlementaires, des hommes d'affaires, des fonctionnaires et des membres des forces de sécurité. Le dossier avait suscité un vif intérêt en raison du rang des personnalités impliquées.
Au cours du procès, neuf accusés ont été entendus par le tribunal, tandis que d'autres, dont Abdelnabi Baïoui, ont choisi de garder le silence. Malgré les dénégations de Saïd Naciri, qui a constamment clamé son innocence, le tribunal a estimé que les éléments du dossier étaient suffisants pour établir sa responsabilité pénale, ainsi que celle des autres prévenus.
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