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Le remplacement du maire impliqué dans l’affaire du neveu de Bouteflika contesté

L’opération s’est déroulée sous la supervision du wali délégué de la circonscription administrative de Bouzaréah

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Après la décision de la wilaya d’Alger de suspendre le président de l’APC d’El Biar, Kerdjij Khaled, à la suite de poursuites dans l’affaire connue sous le nom de « l’empire de la publicité », impliquant notamment le neveu de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika ainsi que l’ancien ministre de l’Intérieur Salah Eddine Dahmoun, les membres de l’Assemblée populaire communale d’El Biar ont procédé aujourd’hui à son remplacement par Arbaoui Kamel, sous la supervision du wali délégué de la circonscription de Bouzaréah.

Cependant, l’opération de remplacement ne s’est pas déroulée sans difficultés. Selon les informations rapportées, elle a suscité des oppositions de la part de certains candidats, au motif que le nouveau président fait lui aussi l’objet de poursuites judiciaires et a été condamné la semaine dernière à deux mois de prison ferme, ce qui soulève des interrogations quant à la légalité et à l’équité de cette décision.

Une source responsable a indiqué que les opposants à cette désignation ont présenté au wali délégué un jugement rendu le 23 mars par le tribunal de Bir Mourad Raïs (n° 03881/26), condamnant le nouveau président élu à deux mois de prison ferme et à une amende de 20 000 dinars. Toutefois, cette décision n’a pas été prise en considération par l’autorité exécutive.

Face à cette situation, une candidate concurrente a introduit un recours administratif auprès des instances compétentes, estimant que les mêmes dispositions légales appliquées au président suspendu devraient s’appliquer au nouveau président, et qu’il n’aurait même pas dû être autorisé à se présenter.

Les contestataires fondent leur recours sur le principe que la même procédure juridique aurait dû être appliquée au président nouvellement installé.

Le conseil communal fonctionnait normalement depuis son élection, malgré certaines divergences internes, jusqu’à ce que le président soit récemment poursuivi, avec d’anciens élus, dans l’affaire liée aux espaces et panneaux publicitaires devant le pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed à Alger.

Cette affaire implique également plusieurs personnalités, dont le neveu de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, l’ancien ministre Salah Eddine Dahmoun, l’ancien directeur du protocole à la présidence Mokhtar Reguieg, ainsi qu’environ 30 autres accusés. L’enquête est toujours en cours au niveau du juge d’instruction.

Le juge d’instruction a achevé l’audition de tousles accusés, en attendant le renvoi de l’affaire devant la juridiction de jugement.

L’affaire concerne des activités liées à la réalisation et à l’installation de panneaux publicitaires dans les rues, ainsi que la vente d’espaces publicitaires. De lourdes accusations ont été retenues contre le propriétaire de la société, notamment :

obtention d’avantages indus par l’exploitation de l’influence d’agents publics,
incitation de fonctionnaires à abuser de leur fonction,
blanchiment d’argent et dissimulation de l’origine illicite de fonds dans le cadre d’une organisation criminelle.
D’autres chefs d’accusation ont été retenus contre plusieurs responsables, dont l’ancien ministre de l’Intérieur Salah Eddine Dahmoun, portant sur l’abus de fonction et l’octroi d’avantages injustifiés en violation des lois et règlements.

Des accusations d’abus de fonction, de trafic d’influence et de blanchiment d’argent ont également été portées contre l’ancien directeur du protocole de la présidence, Mokhtar Reguieg.

Enfin, selon les mêmes sources, des commissions rogatoires nationales et internationales ont été émises pour retracer les fonds transférés à l’étranger et prendre les mesures conservatoires nécessaires, notamment le gel et la saisie des avoirs.