Nation

le spectre du “marché” des têtes de liste refait surface

Les partis politiques se retrouvent face à un double défi, à la fois organisationnel et politique, pour établir des critères objectifs et transparents afin de classer les candidats au sein des listes électorales

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Voici la traduction en français :


La scène partisane connaît une dynamique interne en prévision des prochaines élections législatives, non seulement pour sélectionner les candidats souhaitant se présenter et garantir les quotas de femmes et de jeunes exigés par la loi, mais aussi pour définir un critère précis concernant leur classement au sein des listes électorales, après que le dernier amendement de la loi électorale a accordé aux partis politiques et aux listes indépendantes une liberté totale dans l’ordre des candidats.

Les partis politiques se trouvent ainsi face à un double défi, à la fois organisationnel et politique, pour établir des critères objectifs et transparents de classement des candidats au sein des listes, de manière à assurer un équilibre entre compétence, représentation politique et poids militant au sein du parti. Afin d’éviter les conflits internes, plusieurs partis s’orientent vers l’étude d’un ensemble de critères potentiels, parmi lesquels l’ancienneté dans le parti, le niveau d’instruction, l’expérience politique, la capacité à financer la campagne, la présence médiatique, ainsi que les résultats obtenus lors des élections précédentes. S’y ajoutent le critère d’équilibre géographique au sein de la wilaya et la représentation des jeunes et des femmes.

Dans ce contexte, le Mouvement de la société pour la paix a confirmé ne pas avoir encore arrêté le critère final qui sera adopté pour classer les candidats dans les listes électorales. Le vice-président du mouvement, Ahmed Sadok, a déclaré dans un entretien avec « El Khabar » que la question sera examinée dans les prochains jours au sein des structures du parti, dans le but d’aboutir à une formule consensuelle conciliant les critères politiques et organisationnels.

De son côté, Saïd Nafissi, député du Mouvement El Bina, a indiqué que son parti n’a pas encore tranché la question des critères, mais qu’il pourrait recourir au tirage au sort, à l’ordre alphabétique, à l’âge ou encore à l’évaluation de l’impact des candidats.

Nafissi a relativisé l’importance du classement dans le cadre du système de liste ouverte, affirmant : « Je ne pense pas que l’ordre aura un grand impact », tout en précisant que la question de la marchandisation de la tête de liste ou du classement ne se pose pas au sein de son parti.

Cette approche reflète la prise de conscience des partis que la phase actuelle ne permet plus de se baser uniquement sur le critère de loyauté partisane ou d’ancienneté, mais impose de rechercher des candidats capables de mobiliser les voix et de représenter le parti politiquement et médiatiquement au Parlement. Par ailleurs, la liberté de classement des listes, accordée par le dernier amendement de la loi électorale, place les directions partisanes face à une responsabilité accrue, car tout classement peu convaincant pourrait entraîner des contestations internes, voire des retraits ou des rébellions au sein des bases militantes.

Fermer les portes à la manipulation
Le système de liste ouverte permet à l’électeur de classer les candidats au sein d’une même liste selon son choix, contrairement à la liste fermée qui l’obligeait à voter pour une liste telle quelle, selon l’ordre fixé par le parti, sans possibilité de modification. Cela réduit les craintes de certains acteurs politiques concernant la question du classement, affirmant que le dernier mot revient aux urnes.

Les prochaines élections constitueront la deuxième législature organisée selon le système de liste ouverte, après de nombreuses années durant lesquelles la loi électorale reposait sur le système de liste fermée, souvent associé à l’apparition de soupçons de corruption, notamment l’achat de positions avancées en tête de liste pour garantir l’obtention de sièges à l’Assemblée populaire nationale.

Avec l’arrivée au pouvoir du président Abdelmadjid Tebboune en 2019, une réforme de la loi électorale a été adoptée en 2021, abolissant le système de liste fermée au profit de la liste ouverte, dans le but déclaré de renforcer la transparence du processus électoral et de limiter les pratiques douteuses, notamment l’utilisation de l’argent illicite pour influencer le classement des candidats et acheter des sièges électoraux.

En revanche, le système de classement alphabétique des candidats dans les listes électorales, introduit auparavant, a été abandonné par le dernier amendement de la loi électorale au motif qu’il perturbait les électeurs. Les nouvelles modifications permettent désormais aux partis et aux listes indépendantes de présenter leurs candidats selon un ordre politique ou discrétionnaire, tandis que la victoire reste liée au nombre de voix obtenues.