La souffrance des personnes déplacées s’intensifie dans différentes zones de Gaza en raison de la dépression météorologique qui frappe le territoire. Des centaines de tentes ont été endommagées par les pluies et les vents violents, dans un contexte de pénurie aiguë de fournitures de secours d’urgence et de poursuite du blocus imposé au secteur. Parallèlement, les engins de l’occupation mènent quotidiennement des opérations de nivellement et de destruction dans les zones proches de la « ligne jaune », à travers l’explosion de pâtés d’habitations et de maisons partiellement détruites.
Le ministère de la Santé de la bande de Gaza a annoncé, avant-hier, le décès d’un nouveau nourrisson palestinien en raison d’une chute sévère des températures, concomitante à la vague de froid que connaît le territoire. Dans un communiqué, le ministère a précisé que le nourrisson Saïd Assad Abidine, âgé d’un mois, est décédé des suites du froid intense.
Les hôpitaux de Gaza ont également annoncé la mort d’un nourrisson âgé de 7 jours, décédé de froid glacial à Deir al-Balah, au centre de la bande de Gaza. La situation des déplacés vivant sous des tentes s’est aggravée avec la nouvelle dépression météorologique, sur fond d’avertissements quant à une catastrophe humanitaire imminente. Les médecins ont confirmé le décès du nourrisson après une exposition au froid extrême, en l’absence de moyens de chauffage adéquats. Les données officielles indiquent par ailleurs que quatre enfants sont morts de froid dans des tentes de déplacés, dans un contexte humanitaire extrêmement difficile.
De son côté, la Défense civile à Gaza a affirmé que « chaque dépression météorologique se transforme en catastrophe humanitaire en raison de l’interdiction d’introduire des matériaux de construction et de l’entrave à la reconstruction ». Elle a mis en garde contre une « catastrophe » provoquée par « la dépression météorologique ayant causé de lourds dégâts aux conditions d’hébergement temporaire, avec des milliers de tentes totalement endommagées », appelant les citoyens à bien fixer leurs tentes pour éviter qu’elles ne s’envolent, en l’absence d’autorisation d’entrée de logements préfabriqués.
Le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal, a expliqué dans un communiqué que « ce qui se passe n’est pas une crise climatique, mais la conséquence directe de l’interdiction d’introduire des matériaux de construction et de la paralysie de la reconstruction ; les gens vivent dans des tentes déchirées et des maisons fissurées, sans sécurité ni dignité ». Il a également indiqué que des Palestiniens ont été contraints d’installer leurs tentes sur le littoral, faute d’espaces disponibles à l’intérieur des villes en raison de la destruction massive menée par l’occupation.
Il a ajouté que la situation dans la bande de Gaza « ne répond pas au minimum des normes humanitaires et constitue une violation flagrante des principes humanitaires et du droit international humanitaire ». Des centaines de tentes ont été endommagées par les vents violents, alors que les services météorologiques avertissent de la poursuite des rafales et de la baisse des températures.
Les frappes de l’occupation sur les abords du camp d’Al-Shati, au nord-ouest de la ville de Gaza, ont également causé des pertes aux tentes des déplacés et détruit leur contenu, les obligeant à passer la nuit à la belle étoile, ce qui aggrave encore la situation. Le territoire connaît en effet une nouvelle dépression météorologique accompagnée de pluies et de vents violents. La météorologie palestinienne a indiqué hier que des averses éparses pourraient encore tomber dans certaines zones, avec des vents forts atteignant parfois près de 60 km/h.
Ces dépressions ont aggravé la crise humanitaire dans le secteur, qui n’a connu aucune amélioration notable malgré l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, en raison du non-respect par l’occupation de ses engagements prévus par l’accord.
L’occupation a violé l’accord de cessez-le-feu à des dizaines de reprises depuis octobre dernier et a élargi la « ligne jaune ». La proportion des terres qu’elle contrôle est passée, au cours des trois dernières semaines, de 53 % à plus de 60 %, les forces procédant au déplacement des blocs de béton jaunes qui délimitent le début de cette ligne, dont le franchissement est interdit aux Palestiniens.
Les violations de l’occupation ne se limitent pas à la bande de Gaza. La Cisjordanie est également la cible d’agressions et d’atteintes croissantes, de la part des forces d’occupation comme des colons, dans une escalade continue. Vendredi soir, l’armée d’occupation et des colons ont pris d’assaut plusieurs zones palestiniennes de la Cisjordanie occupée, donnant lieu à des affrontements.
La télévision palestinienne a rapporté que des affrontements ont éclaté entre Palestiniens et forces d’occupation lors de l’incursion dans le camp d’Al-Aroub, au nord de la ville d’Hébron. Dans la vieille ville d’Hébron, des colons ont envahi le quartier Jaber et le quartier Al-Ras. Les colons ont également intensifié hier leurs attaques dans différentes zones de la Cisjordanie occupée, allant jusqu’à voler environ 200 têtes de bétail dans une ferme de la localité de Kobar, au nord-ouest de Ramallah, au centre de la Cisjordanie, parallèlement à d’autres incursions et agressions visant à contraindre la population à un déplacement forcé.
À ce sujet, Stéphane Dujarric, porte-parole officiel du secrétaire général des Nations unies, a déclaré que la dégradation de la situation humanitaire dans les territoires palestiniens occupés se poursuit, soulignant le caractère catastrophique de la situation dans la bande de Gaza, tandis que les déplacements forcés et les attaques de colons s’intensifient en Cisjordanie.
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