Un document émanant du Centre national de l’immigration et des frontières (Cenif), relevant de la Police nationale espagnole, a révélé que 32 membres de la police marocaine, qui « ont joué un rôle » lors de la vague d’entrée collective de migrants dans la ville de Ceuta les 30 et 31 juillet 2026, ont été identifiés. Le régime marocain est accusé d’avoir provoqué cette opération.
Selon le document, obtenu par le journal espagnol « El Español », 11 de ces agents portaient leur uniforme, tandis que 21 autres étaient en civil. Ils ont été identifiés à partir de photos et de vidéos liées aux événements.
Le site de la chaîne « Euronews », citant le rapport, indique que des policiers marocains en uniforme sont apparus à différents endroits le long de la route principale menant à la digue, dans la zone de Tarajal. Ils auraient joué un rôle dans l’orientation des migrants lors de leurs tentatives de franchissement irrégulier de la frontière.
Le rapport, transmis à l’Audience nationale espagnole à la demande de la juge María Tardón, indique également que certains de ces agents ont aidé des personnes qui tentaient d’entrer à Ceuta à franchir les barrières. Ils auraient également organisé l’accès à la zone réservée à la circulation des véhicules de transport de marchandises lourdes.
Des agents en civil
Le centre est également parvenu à identifier un autre groupe de policiers marocains qui portaient des vêtements civils. Les enquêteurs ont relevé que leur apparence et leurs vêtements différaient de ceux de la majorité des personnes ayant tenté d’entrer à Ceuta.
Selon l’analyse menée par la police espagnole, certains de ces individus ont manifesté un « comportement de meneur et une capacité à contrôler les foules ». Ils ont également été observés en train d’aider à franchir les obstacles, de filmer et documenter les événements ou d’utiliser leurs téléphones portables.
L’autorité sécuritaire officielle a précisé que ses conclusions reposaient principalement sur la collecte et l’analyse de données provenant d’applications de messagerie et de réseaux sociaux ouverts, ainsi que sur des photos et des vidéos publiées par différents médias.
Le centre a souligné que ces éléments ne permettent pas, à eux seuls, de déterminer le degré d’implication ou de responsabilité de personnes ou d’entités précises dans les mouvements des personnes entrées à Ceuta. Il a relevé que les événements présentent des similitudes avec les précédentes tentatives d’entrée collective à Ceuta, notamment celles de 2021 et 2024, mais que l’opération de 2026 s’est caractérisée par un degré d’organisation plus élevé, ajoute la même source.
L’opération était-elle uniquement liée à la migration ?
Le document avance l’hypothèse que la mobilisation de ces foules n’était peut-être pas uniquement liée au désir de migrer, mais qu’elle pouvait également avoir pour objectif de perturber la réaction des autorités espagnoles et de tester les dispositifs de sécurité espagnols.
Des observateurs estiment également que cette initiative pourrait constituer une manœuvre politique du Palais visant à faire pression sur Madrid, sur fond de positions et d’orientations de son gouvernement concernant plusieurs questions régionales et internationales.
La révélation de ce rapport a suscité une controverse en Espagne. Le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a demandé au directeur général de la Police, Francisco Pardo, de fournir des explications sur le contenu du document ainsi que sur la date à laquelle les services de police ont pris connaissance des résultats qu’il contient.
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