Monde

Un rapport sécuritaire espagnol condamne le Maroc

Les services de renseignement remettent à la justice espagnole les documents demandés sur les événements de Ceuta

  • 11
  • 2:04 Min

Les services de renseignement espagnols ont remis à la juge María Tardón les documents qu’elle avait demandés concernant les événements de Ceuta, dans le cadre de l’enquête judiciaire visant à déterminer les parties ayant planifié, organisé et financé l’entrée massive de migrants dans la ville. Des rapports sécuritaires espagnols font état du rôle du Maroc dans l’orientation des migrants vers les points de passage frontaliers, a rapporté ce vendredi le quotidien espagnol El País.

Selon le journal, l’enquête porte sur l’entrée massive de migrants marocains à Ceuta les 30 et 31 juillet derniers. D’après les estimations de l’enquête, entre 75 000 et 85 000 personnes auraient pris part à cette opération, tandis que la juge attend toujours des documents et des informations supplémentaires de la part des différents services de sécurité et militaires chargés de la protection des frontières.

Dans ce contexte, un rapport du Centre national de l’immigration et des frontières de la police espagnole fait état d’une certaine complaisance des éléments de la gendarmerie marocaine lors des événements. Il évoque également le fait que des éléments marocains auraient orienté les migrants dans la zone de Fnideq vers des itinéraires précis pour traverser les eaux en direction de Ceuta, mettant ainsi en lumière le rôle de la partie marocaine dans les circonstances de cette opération.

La même source ajoute que les services de sécurité espagnols avaient détecté, avant les événements, de nombreux appels sur les réseaux sociaux à organiser une entrée massive dans la ville par la clôture frontalière et par la mer. Ces appels auraient circulé dans des groupes comptant plus de 180 000 membres. Les services de renseignement marocains avaient également été informés de ces mouvements avant leur déroulement.

La juge Tardón cherche à déterminer les parties ayant planifié, coordonné et financé l’opération. Dans une ordonnance judiciaire datée du 17 septembre dernier, elle a estimé que la mobilisation de 75 000 à 85 000 personnes ne pouvait difficilement avoir lieu sans la mobilisation de ressources matérielles et financières. Elle a ordonné à la police de consulter ses bases de données nationales et internationales afin d’identifier les parties ayant joué un rôle dans l’organisation de ces mouvements.

Le journal évoque également la présence de navires de guerre et de patrouilleurs marocains dans les eaux espagnoles au moment des événements, une question pour laquelle l’une des parties engagées dans la procédure a demandé l’ouverture d’une enquête afin de déterminer les circonstances de leur présence et les ordres qui leur avaient été donnés.