Nation

L’Algérie reste ferme face au grand jeu diplomatique

Manœuvres franco-marocaines et tensions en Méditerranée

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Alors que le président français Emmanuel Macron s’apprête à se rendre à Madrid pour promouvoir les avantages du partenariat franco-espagnol, une démonstration militaire d’une tout autre nature se joue en coulisses.

La France accueille sur son territoire des avions de combat marocains F-16 pour des exercices conjoints, tandis que des frégates des deux pays s’entraînent en Méditerranée et que Rabat accentue la pression militaire à proximité de Melilla.

Alors que les relations entre Paris et Alger se sont refroidies et que les passerelles de communication avec l’Algérie sont quasiment rompues, la diplomatie française n’a plus grand-chose à ménager au Maghreb et s’autorise ainsi un double jeu d’une grande portée stratégique.

En affichant ostensiblement sa coopération militaire avec le Maroc à la veille du sommet de Madrid, la France adresse un avertissement implicite au gouvernement espagnol.

À travers ces manœuvres conjointes, Paris laisse également clairement entendre son alignement sur Rabat et qu’elle n’hésiterait pas à apporter un soutien décisif si la visite présidentielle en Espagne ne débouchait pas sur des résultats concrets. Il s’agit d’une forme élaborée d’intimidation diplomatique destinée à montrer à Madrid que la France détient les clés de l’équilibre sécuritaire en Méditerranée occidentale.

Mais le véritable enjeu de ce chantage réside dans ce que la France attend précisément de l’Espagne en retour. Paris espère parvenir à un résultat qui pousserait Madrid à exercer une pression croissante et coordonnée sur l’Algérie.

En se plaçant au cœur du jeu militaire avec le Maroc, tout en occupant méthodiquement l’agenda international et en anticipant constamment les démarches et initiatives du président de la République Abdelmadjid Tebboune sur la scène diplomatique, l’Élysée cherche à resserrer son contrôle sur l’espace stratégique de l’Afrique du Nord.

Dans le contexte des tensions potentielles autour de ses deux enclaves, Ceuta et Melilla, et du partenariat franco-marocain affiché, le gouvernement espagnol pourrait se retrouver dans une situation où la négociation deviendrait inévitable. L’Espagne, soucieuse de protéger ses intérêts dans les domaines énergétique et sécuritaire, pourrait interpréter la position française comme une tentative d’exploiter l’influence marocaine afin de faire monter les enchères.

En prenant ses distances avec l’Algérie et en tirant parti de son rapprochement avec le Maroc, la France semble signaler sa volonté de redistribuer les cartes dans la région méditerranéenne au service de son propre agenda géopolitique. Cette manœuvre révèle toutefois, une fois de plus, les calculs d’un élève incapable d’apprendre de ses erreurs, la France se comportant comme un géant aux pieds d’argile, convaincue de pouvoir imposer son agenda géopolitique, alors que toutes ses tentatives précédentes visant à nuire à l’Algérie ou à l’affaiblir se sont soldées par de cuisants échecs. Forte de son expérience en matière de sécurité et de sa profondeur stratégique, l’Algérie a réussi à repousser complètement son influence dans les pays du Sahel, consacrant ainsi l’effondrement d’un modèle d’intervention qui appartient désormais au passé.

Plusieurs pays africains rejettent catégoriquement cette tutelle condescendante qui renvoie à une époque désormais révolue, plaçant Paris dans une situation qui révèle sa fragilité et son isolement chaque fois qu’elle tente d’imposer ses diktats, que ce soit en Afrique ou dans la région méditerranéenne.

S’agissant de l’Espagne, sa diplomatie ne semble pas disposée à laisser quiconque lui dicte sa politique étrangère, notamment une diplomatie française dont l’élan et l’influence sont en recul.

L’Algérie se trouve ainsi aux portes d’un foyer de tension et d’une situation directement explosive. Consciente des intentions hostiles de sa voisine occidentale, la diplomatie algérienne observe avec la plus grande vigilance le rapprochement stratégique et sécuritaire qui lie cette dernière à l'enetité sioniste et à Abou Dhabi.

Ce trio aux intérêts croisés — qui guette l’Algérie et cherche par tous les moyens à déstabiliser les rapports de force au Maghreb — poursuit l’intensification de ses provocations et la conclusion d’alliances alternatives.

Face à cette alliance d’intérêts hostiles à ses frontières et aux manœuvres ambiguës des puissances européennes, l’Algérie apparaît plus que jamais comme un roc inébranlable, s’appuyant sur une doctrine fondée sur la souveraineté absolue, la puissance de son armée et son refus catégorique de laisser quiconque porter atteinte à sa sécurité nationale et à son rôle central dans la région.

Les manœuvres et les calculs cachés de cet axe — réunissant Paris, Rabat, Abou Dhabi et Tel-Aviv — sont désormais parfaitement connus et dévoilés aux yeux de l’Algérie. Plutôt que de se laisser distraire par le vacarme médiatique ou les démonstrations militaires à ses frontières, l’Algérie fait preuve d’un pragmatisme solidement établi et d’une vision stratégique d’une grande clarté.

L’armée et la diplomatie algériennes surveillent également avec la plus grande vigilance la moindre manœuvre, le moindre mouvement de troupes ou la moindre alliance circonstancielle susceptible de porter, directement ou indirectement, atteinte à l’intégrité territoriale du pays et à sa sécurité nationale.

Face à cet enchevêtrement complexe d’intérêts, la position algérienne demeure constante : un calme fondé sur la maîtrise de ses capacités de défense et une fermeté inébranlable face à toute tentative de déstabilisation.