L’actrice Hana Mansour a dénoncé l’utilisation de sa photographie dans un article publié par le magazine français Le Point et rédigé par le journaliste et écrivain Kamel Daoud, sans avoir obtenu son consentement. Elle a exprimé son refus de voir son image associée au contenu de l’article ou à la ligne éditoriale du média qui l’a publié.
Dans une vidéo qu’elle a enregistrée elle-même, l’intéressée apparaît en colère et inquiète, rejetant l’utilisation de son image sans autorisation dans un contexte qu’elle n’a pas choisi, selon ses propos. Elle considère que ce qui s’est produit porte atteinte à sa dignité et à ses droits en tant qu’artiste.
Dans cette vidéo, Mansour a lancé un appel à ses connaissances et à ses abonnés pour qu’ils l’aident face à cette situation, estimant avoir été lésée par l’utilisation de sa photographie pour illustrer le contenu de l’article.
Elle considère que l’utilisation de son image dans un contexte qu’elle n’a ni choisi ni approuvé porte, selon ses termes, atteinte à son droit à l’image et à sa liberté d’en contrôler l’utilisation. À ses yeux, il ne s’agit pas d’une simple utilisation de photographie, mais d’une question liée à son droit de décider du contexte dans lequel son image apparaît.
Mansour a exigé le retrait immédiat de sa photographie de l’article, ainsi que sa suppression de l’ensemble des supports liés à sa publication. Elle a également annoncé se réserver le droit d’engager les procédures et les démarches judiciaires qu’elle jugera nécessaires pour défendre ses droits et en garantir le respect.
Quant au contenu de l’article, publié le 30 septembre dernier sous le titre « Monologue imaginaire d’une franco-algérienne », il aborde, dans une perspective qui semble biaisée, ce que l’auteur présente comme une fracture ou une contradiction intérieure, un déchirement entre un passé algérien et les caractéristiques du présent dans une ville imprégnée des attributs et des symboles de l’Occident.
L’article prend la forme d’une comparaison entre deux pensées contradictoires qui cohabitent dans un même esprit, une opposition que l’auteur transpose indirectement à la personne concernée.
Le texte s’appuie sur les différences culturelles, symboliques et historiques entre l’Algérie et la France. Il décrit une femme confrontée à une profonde contradiction intérieure, affirmant : « Une femme à qui la France a donné la liberté, et l’Algérie les morts et une dette » et « Une femme condamnée à trahir l’une tout en aimant l’autre, qui marche dans les rues d’une grande ville en se parlant à elle-même ».
L’auteur poursuit dans un style philosophique et descriptif : « Dehors, il y a les Français, à chaque coin de rue, dans le bus. Et moi aussi, je suis française. Il y a donc ce moi qui m’observe dans le reflet des vitrines, comme si je venais d’arriver dans ce pays ; et puis il y a cet autre moi, à l’intérieur, enveloppé dans ses racines, qui me regarde comme si je n’avais jamais quitté l’Algérie. »
Daoud va jusqu’à dépeindre le personnage comme étant en proie à une fracture identitaire, écrivant : « Au fond de moi s’accumulent mes parents, mon quartier, mes tantes, mes grands-parents et tous les morts dont les prénoms se répètent dans ceux des enfants de la famille. Et dehors, il y a ce moi qui se juge lui-même. »
Dans un passage provocateur de l’article, dont la lecture intégrale nécessite un abonnement au site, Daoud écrit : « C’est pourquoi je ne sais pas où aller, même lorsque je rentre chez moi. En France, j’ai obtenu la liberté, l’école, cette folie débordante d’être libre, le rire, la rue illuminée, le droit à tout, la jupe, les épaules dénudées et la trousse de maquillage. »
Il poursuit, toujours en prêtant ses propos au personnage principal de l’article : « J’aurais donc dû être heureuse, mais je ne le suis pas ; l’intérieur ne cesse de me répéter de me méfier de l’extérieur, tandis que l’extérieur me dit que l’intérieur n’est que les morts, et non les vivants. »
Cet article a suscité de nombreuses critiques à l’encontre de l’écrivain, auquel il est reproché d’avoir déjà utilisé la vie privée de personnes comme matière littéraire sans les consulter ni les en informer. C’est notamment ce qui se serait produit avec Saâda Arbane, victime du terrorisme, dont l’histoire a constitué le cœur du roman Houris, selon ses propres déclarations.
Saâda Arbane a accusé Kamel Daoud d’avoir volé son histoire et son drame pour en tirer un succès littéraire. Elle a affirmé qu’il avait exploité le contenu des séances de psychothérapie qu’elle suivait auprès de l’épouse de l’écrivain.
Saâda Arbane a engagé une action en justice, conjointement avec une association de défense des victimes du terrorisme. À l’issue de cette procédure, l’écrivain a été condamné à trois ans de prison ferme.
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