Cette année, le mois de Ramadan coïncide avec la préparation aux examens du deuxième trimestre, imposant aux élèves et à leurs parents des défis supplémentaires liés à la gestion du temps, au maintien de la concentration et à la lutte contre la fatigue. Dans ce contexte, les parents cherchent des moyens pour aider leurs enfants à équilibrer études et pratique religieuse, craignant que le jeûne n’impacte leurs résultats scolaires.
Des méthodes adaptées à chaque élève
Le simple fait de veiller tard ou de boire café ou thé ne suffit plus pour se préparer efficacement aux examens. Certains préfèrent réviser pendant le repas du suhoor (avant l’aube), tandis que d’autres échangent des messages ou se connectent en ligne pour partager leurs séances de révision nocturnes.
Amira, élève en deuxième année de lycée, section Sciences de la nature et de la vie, au lycée Megrani 1 à Ben Aknoun, explique : « Bien que je comprenne bien mes cours et que ma moyenne annuelle soit bonne, la coïncidence des examens avec le Ramadan m’inquiète un peu pour mon résultat du trimestre. Avec mes amies, nous avons donc établi un programme de révisions matin et soir, à raison de quatre heures par jour. »
Amal, également au lycée en section Lettres et Philosophie, résume sa méthode : « Je fais des résumés de mes cours. Ramadan est une bonne occasion pour m’entraîner à étudier à tout moment, en organisant mon temps entre le jeûne, la prière et l’étude. Je révise après le suhoor et le fajr. J’espère être à la hauteur des attentes de mes parents. »
Organiser son temps intelligemment
Pour les plus jeunes, la préparation aux examens peut déjà créer un climat de stress à la maison. Une mère explique : « J’accompagne ma fille dans la cuisine, non pas pour préparer le repas, mais pour qu’elle révise ses cours et se libère pour les derniers jours de révisions légères avant les examens. »
Le professeur Owein Belkacem, psychologue à l’université de El Oued, conseille de profiter des heures après le suhoor et après la prière du fajr pour réviser, moments propices à la concentration. Il recommande également des séances courtes avant l’iftar (30 à 45 minutes), puis des pauses après les tarawih pour éviter la fatigue, tout en respectant le rythme de chaque élève.
Il ajoute que les matières difficiles doivent être révisées pendant les moments de plus grande énergie, en privilégiant les exercices pratiques et les examens antérieurs plutôt que la simple lecture, ainsi que les cartes mentales ou les fiches de révision.
Changer sa perception du Ramadan
Selon le professeur Belkacem, « Ramadan n’est pas un mois de pression, mais un mois de bénédiction et d’organisation. Si on l’exploite bien, il peut être très productif et bénéfique pour le bien-être psychologique. Acceptez les baisses d’énergie dues au jeûne, fixez-vous de petits objectifs quotidiens et récompensez-vous pour votre engagement. »
La gestion du stress et de l’anxiété est essentielle. Il conseille la respiration profonde cinq minutes par jour et de ne pas se comparer aux autres, car cela peut nuire à la concentration et augmenter l’angoisse.
Encourager plutôt que presser
Durant les examens, il est important que les parents créent un environnement calme pour les révisions, encouragent les enfants au lieu de les presser, et prennent en compte la fatigue physique due au jeûne.
La nutrition joue également un rôle clé : privilégier au suhoor des aliments à digestion lente (œufs, lait, avoine, dattes), boire suffisamment d’eau et éviter les aliments trop salés ou sucrés. Pour l’iftar, commencer par des dattes et de l’eau, puis un repas léger et équilibré, tout en évitant la suralimentation et en maintenant un sommeil suffisant.
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