La Russie et la Chine ont justifié l’utilisation de leur droit de veto contre un projet de résolution du Conseil de sécurité sur la situation dans le détroit d’Hormuz, estimant que le texte ignore les causes réelles de la crise. De leur côté, les États-Unis et plusieurs pays du Golfe ont souligné l’importance de protéger la liberté de navigation, affirmant que le détroit ne peut devenir l’« otage » des conflits régionaux.
L’ambassadeur russe auprès de l’ONU, Vassili Nebenzia, a déclaré que son pays ne pouvait pas soutenir un texte « qui établit un précédent dangereux pour le droit international, le droit maritime international et tout effort de paix, tout en portant atteinte à l’autorité du Conseil de sécurité ».
Il a ajouté que la Russie « condamne l’agression menée par les États-Unis et l’Israel contre l’Iran », en insistant sur le respect par son pays de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de tous les pays de la région, qu’il s’agisse de l’Iran ou d’autres pays du Golfe.
Selon lui, « en fin de compte, quels que soient les efforts des auteurs du projet pour masquer son contenu derrière des formulations générales et ambiguës, l’essentiel demeure : le texte accorde un blanc-seing pour poursuivre les actions agressives et intensifier l’escalade ».
Il a averti que l’adoption d’un tel document ne ferait qu’augmenter l’hostilité envers l’Iran, « déjà quotidiennement frappé par les forces américaines et israéliennes ».
La Russie, en coopération avec la Chine, propose un projet de résolution alternatif sur la situation actuelle au Moyen-Orient, incluant les questions de sécurité et de sûreté maritimes. Nebenzia a déclaré : « Notre projet sera concis, équitable et équilibré, conforme aux principes du droit international et à la Charte des Nations unies, notamment en ce qui concerne le règlement pacifique des conflits ». Il a ajouté que des détails sur le vote seront bientôt communiqués.
Pour sa part, l’ambassadeur chinois auprès de l’ONU, Fu Zong, a exprimé son regret que le projet de résolution « échoue à prendre en compte les racines profondes du conflit et son image complète de manière équilibrée ».
Il a ajouté qu’une telle formulation était sujette à des malentendus ou à des abus, « alors même que les États-Unis menacent ouvertement la survie de la région ». Selon lui, l’adoption du projet aurait envoyé un mauvais signal avec des conséquences très graves.
L’ambassadeur chinois a rappelé que le Conseil de sécurité avait tiré des leçons d’affaires précédentes, telles que la Libye et la Mer Rouge, et que ces erreurs ne devaient pas se répéter. Les actions du Conseil doivent viser à désamorcer la crise et calmer les tensions, et ne pas fournir une couverture légale pour des opérations militaires non autorisées.
Il a insisté sur le fait que le Conseil ne devait pas autoriser l’usage de la force ni aggraver les tensions, ce qui pourrait envenimer davantage le conflit. « Le Conseil de sécurité ne devrait pas se précipiter pour voter le projet de résolution alors que des préoccupations sérieuses ont été soulevées par ses membres ; pour cette raison, la Chine n’avait d’autre choix que de voter contre ».
Fu Zong a affirmé que les États-Unis et l’entité sioniste sont à l’origine du conflit et que la cause principale du blocage de la navigation dans le détroit d’Hormuz réside dans les actions militaires illégales menées par l’entité et les États-Unis. Il a exhorté ces deux pays à « cesser immédiatement leurs actions militaires illégales ».
Parallèlement, il a appelé l’Iran à s’abstenir d’attaquer les installations dans la région du Golfe, à répondre aux préoccupations légitimes des pays du Golfe et à prendre des mesures pour rétablir rapidement la navigation normale dans le détroit d’Hormuz.
L’ambassadeur permanent d’Iran auprès de l’ONU, Amir Saïd Iravani, a décrit le projet de résolution comme unilatéral, biaisé et indéfendable, affirmant qu’il « déforme la réalité en accusant faussement l’Iran – qui est en réalité victime d’agression – tout en ignorant délibérément les causes profondes de la crise actuelle ».
Selon lui, le projet « présente les mesures légales prises par l’Iran dans le détroit d’Hormuz – l’exercice de son droit de légitime défense selon la Charte des Nations unies – comme des menaces à la paix et à la sécurité internationales ». Il a ajouté que le projet est essentiellement américain, présenté sous un autre nom.
L’ambassadeur américain, Mike Waltz, a rappelé qu’il y a 47 ans, « la première action du régime iranien a été la prise en otage de dizaines d’Américains ; aujourd’hui, il tient le détroit d’Hormuz en otage et menace l’économie mondiale entière ». « Cela pourrait être sa dernière action, et nous verrons ce qu’il en adviendra », a-t-Il ajouté .
Il a insisté sur le fait que le vote d’aujourd’hui ne limiterait pas les États-Unis « dans la poursuite de la défense de leur sécurité, ni dans le cadre de la défense collective de nos alliés et partenaires ». Il a souligné que le détroit d’Hormuz est « d’une importance vitale pour le monde et ne peut être pris en otage, bloqué ou transformé en outil de guerre par un seul État ».
Le ministre bahreïnien des Affaires étrangères, Abdellatif Al-Zayani, qui a présenté le projet au nom des pays du Golfe et de la Jordanie, a exprimé son profond regret pour son rejet. Il a déclaré : « Le Conseil a échoué à assumer sa responsabilité face à un acte illégal qui exige clarté et fermeté ».
Il a averti que les menaces contre la liberté de navigation et la sécurité régionale ne disparaissent pas avec le temps et ne peuvent être traitées comme des crises passagères. Il a assuré que les pays concernés continueront à travailler avec leurs partenaires et alliés pour garantir la liberté de navigation et protéger les voies maritimes internationales afin d’éviter la répétition de telles menaces.
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