Une séance conjointe réunissant les commissions des affaires politiques et de la sécurité, de la démocratie et des droits de l’homme et des affaires humanitaires, ainsi que des affaires économiques, dans le cadre des travaux de la 25e session de l’Assemblée parlementaire de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), en cours à Vienne (Autriche), a été marquée par des critiques algériennes concernant la « logique de sélectivité » dans l’application du droit international et le lien entre les droits de l’homme et les alignements géopolitiques.
L’Algérie a pris part à cette séance avec une délégation parlementaire. Les débats ont porté, hier, sur l’interdépendance organique entre la sécurité globale, le respect des droits de l’homme et le développement économique durable, considérés comme des piliers indissociables pour garantir la paix et la stabilité, selon un communiqué de l’Assemblée Populaire Nationale.
Au cours des discussions, plusieurs intervenants, notamment des députés algériens, ont appelé à corriger « le déséquilibre manifeste dans la hiérarchisation des priorités au sein des travaux de l’Assemblée », plaidant pour accorder aux questions humanitaires la même attention que celle accordée à d’autres dossiers, à l’instar de la cause palestinienne, en particulier la tragédie de Gaza, qui connaît une situation humanitaire catastrophique portant atteinte aux droits humains les plus fondamentaux.
Parmi les interventions, celle du député Tarbak Omar, représentant de l’Algérie et chef de la délégation parlementaire algérienne, s’est distinguée. Il a appelé à rétablir l’équilibre dans les débats et à orienter l’attention vers les questions humanitaires insuffisamment traitées dans l’espace parlementaire international, notamment la question palestinienne et les graves violations commises contre les habitants de la bande de Gaza, selon la même source.
Le député a souligné que ses revendications s’inscrivent dans une vision visant à « reconstruire un ordre mondial plus juste et équilibré, fondé sur l’unité des normes et le respect de la dignité humaine sans sélectivité ni discrimination ».
Dans le même esprit, il a affirmé que plusieurs causes ne bénéficient pas du même poids politique, moral et institutionnel que d’autres crises, une réalité qu’il juge inacceptable et injustifiable. Le parlementaire s’est interrogé sur les raisons de ces déséquilibres, estimant que ce silence consacre une « logique de sélectivité » dans l’application du droit international humanitaire et la protection des civils.
Le chef de la délégation algérienne a ajouté que la sécurité « ne peut être construite sur la fragmentation » et que la défense des droits de l’homme ne saurait être subordonnée aux alignements géopolitiques. Il a souligné que l’ignorance des souffrances de Gaza affaiblit non seulement la crédibilité du discours international, mais vide également le concept de sécurité globale de son sens réel.
Les intervenants à cette rencontre, qui s’achève aujourd’hui, ont critiqué la « sélectivité dans le traitement des questions internationales », estimant qu’elle affaiblit la crédibilité du discours éthique et juridique et contredit le principe de l’indivisibilité des droits de l’homme.
Les parlementaires ont souligné que la souffrance des peuples doit recevoir la même attention « sans deux poids deux mesures » et que la véritable sécurité collective ne peut être assurée en ignorant les grandes tragédies humanitaires, ajoute le communiqué.
Les débats ont également porté sur les défis sécuritaires croissants dans un contexte de crises géopolitiques et leurs répercussions humanitaires. Une attention particulière a été accordée au renforcement de la démocratie, de l’État de droit et à la protection des droits et libertés fondamentales, considérés comme des conditions essentielles de la sécurité collective, tout en insistant sur le rôle central des parlements nationaux dans la législation, le contrôle, la reddition de comptes et la consolidation de la bonne gouvernance.
Sur le plan économique, les participants ont discuté des répercussions des crises économiques mondiales, de la hausse des prix, des perturbations des chaînes d’approvisionnement et des transitions énergétiques, soulignant que l’élargissement des inégalités sociales et l’absence de justice économique constituent une menace directe pour la stabilité politique et sécuritaire.
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