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Quand une députée sioniste met la diplomatie française en difficulté

La France se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une polémique diplomatique après une réaction précipitée du ministre Baro, influencée par une députée aux positions pro-israéliennes, sur la base de propos falsifiés.

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Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noel Barrot a exigé, hier, la démission de la rapporteure spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens, Francesca Albanese, à la demande d’une députée française, Caroline Yadan, d’origine juive et farouche défenseure du gouvernement du criminel de guerre Benjamin Netanyahu. Cette dernière a mis la diplomatie française dans l’embarras en se basant sur une vidéo contenant des propos fabriqués attribués à la responsable onusienne.

Tout a commencé hier lors de la séance des questions orales au gouvernement, lorsque la députée sioniste a pris la parole et demandé au représentant de la diplomatie française de prendre une position ferme contre la rapporteure onusienne, qui aurait déclaré samedi dernier, lors des travaux d’un forum à Doha, capitale du Qatar, organisé par la chaîne « Al Jazeera », que « Israël est l’ennemi commun de l’humanité ».

Quelques instants plus tard, Barrot a pris la parole pour répondre à la question de la députée, et avec l’enthousiasme habituel des responsables français lorsqu’il s’agit de défendre les sionistes, il a condamné les déclarations de Francesca Albanese, allant même plus loin en demandant sa démission au nom de la France, sans se douter un instant que ces propos étaient faux, comme l’a souligné le journal français « Le Monde » à propos du comportement du ministre.

Il a ainsi pris une décision engageant la France, sur la base des déclarations d’une députée connue pour son biais en faveur de l’occupation sioniste, qui a déjà diffusé de fausses informations et nié la réalité de ce qui se passe à Gaza malgré toutes les preuves, photos et vidéos.

La vérité est qu’Albanese n’a jamais dit, lors de son intervention au forum d’Al Jazeera, que « Israël est l’ennemi commun de l’humanité », mais qu’elle a déclaré que « le système international actuel est l’ennemi commun de l’humanité » parce qu’il ne permet pas de tenir Israël pour responsable.

Avec ce scandale, la diplomatie française ajoute une nouvelle page à un bilan déjà chargé de maladresses dans la gestion de dossiers sensibles, tels que ses relations avec l’Algérie, son double standard concernant ce qui se passe à Gaza, et sa violation du droit international en autorisant le survol d’un avion transportant le Premier ministre du gouvernement d’occupation alors qu’il est visé par un mandat d’arrêt international. Or la France est l’un des signataires du Statut de Rome, qui l’oblige à coopérer avec la Cour pénale internationale.