Economie

Énergie : l’Union européenne mise sur l’Algérie

Le sixième cycle du dialogue politique sur l’énergie se tient à alger

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Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, et le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Djaâl, ainsi que le commissaire européen chargé de l’Énergie et du Logement, Dan Jørgensen, ont présidé aujourd’hui jeudi à Alger les travaux de la sixième réunion du dialogue politique de haut niveau sur l’énergie entre l’Algérie et l’Union européenne.

Cette importante réunion est venue couronner une série de consultations intenses qui l’ont précédée, et traduit la volonté des deux parties de porter la coopération énergétique au niveau d’un partenariat stratégique global, en application du mémorandum d’entente signé à Alger en 2013, qui reste le cadre de référence de ces relations distinctes basées sur le respect de l’équilibre des intérêts communs.

L’Algérie… une ressource fiable et durable dans un contexte international perturbé

Les deux parties ont affirmé, dans une atmosphère marquée par une attitude positive et une compréhension commune, le caractère stratégique de ce partenariat, surtout dans un contexte international caractérisé par des défis complexes auxquels est confronté le secteur énergétique mondial, et par une accélération sans précédent de la transition énergétique. Les deux parties ont insisté sur le rôle central que joue l’Algérie en tant que fournisseur fiable et durable de gaz naturel pour l’Europe, tandis que l’Union européenne s’engage à fournir des technologies et des solutions énergétiques propres selon des normes élevées de qualité et de fiabilité, et à créer une valeur ajoutée à long terme pour soutenir la transition énergétique en Algérie.

Des progrès tangibles dans les groupes d’experts et les programmes de coopération technique

La sixième réunion a examiné le bilan des progrès réalisés dans la mise en œuvre du partenariat depuis la dernière réunion ministérielle tenue en octobre 2023, où une dynamique positive a été constatée, notamment avec l’organisation de trois sessions des deux groupes d’experts concernés par le gaz naturel et l’électricité, ainsi que par les nouvelles énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, créés en 2015. Au cours de la période écoulée, une conférence sur l’économie de l’hydrogène vert et une autre spécialisée sur la réduction des émissions de méthane ont également été organisées.

Dans une évolution notable, les priorités définies dans le cadre de ce dialogue ont été intégrées au nouveau programme de coopération technique TaqatHy+, lancé en avril 2025, financé conjointement par l’Union européenne et l’Allemagne à hauteur de 15 et 13 millions d’euros respectivement, et mis en œuvre par l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ). Il constitue un outil concret pour mettre en œuvre des projets communs dans les domaines des énergies renouvelables et de leur intégration dans le système énergétique, du développement des réseaux électriques et de la construction d’une économie de l’hydrogène vert.

Le pari du méthane : une coordination stricte pour préserver la part du gaz algérien sur le marché européen

Dans un dossier extrêmement sensible, les deux parties ont consacré une part importante des discussions au renforcement de la coopération dans le domaine de la réduction des émissions fugitives de méthane. Elles se sont mises d’accord pour renforcer la coordination et les consultations afin d’assurer une mise en œuvre coordonnée du nouveau règlement européen relatif au méthane. Ce point est devenu central pour garantir le maintien de l’accès du gaz algérien au marché de l’Union européenne et améliorer ses conditions, tout en produisant des effets positifs multiples en matière d’atténuation des changements climatiques, de disponibilité du méthane sur le marché national et d’augmentation des exportations. L’Union européenne a salué l’engagement de l’Algérie dans cette voie, le considérant comme un facteur essentiel pour renforcer la compétitivité et la durabilité de ses exportations de gaz à long terme.

Les nouvelles énergies : l’hydrogène vert et l’interconnexion électrique en tête des priorités

Les travaux de la réunion ont révélé une ambition commune de transformer l’Algérie en un acteur majeur sur la scène énergétique mondiale en développant de nouvelles filières stratégiques. Les deux parties ont souligné que l’Algérie dispose de plusieurs avantages compétitifs, naturels, humains et structurels, qui la prédisposent à créer un écosystème favorable au développement des technologies bas carbone, notamment l’hydrogène renouvelable et vert.

Dans ce cadre, le projet SoutH2 Corridor, visant à développer un corridor dédié au transport de l’hydrogène reliant l’Algérie au marché européen, a été abordé en détail. Les deux parties ont discuté des défis liés au déploiement de l’hydrogène et de ses dérivés, en particulier l’établissement d’un cadre réglementaire clair et incitatif, le développement de marchés compétitifs et transparents, l’assurance d’une visibilité sur la demande future, et la mobilisation des investissements nécessaires pour développer des projets industriels intégrés créant de la richesse et des emplois durables localement.

Parallèlement, les deux parties ont reconnu l’importance croissante du développement de l’interconnexion électrique entre l’Algérie et l’Union européenne, considérée comme un horizon de coopération d’intérêt stratégique partagé. Elles ont convenu de renforcer la coopération en matière d’exigences réglementaires et d’investissements nécessaires à la concrétisation de ces projets vitaux.

Évaluation positive et perspective d’avenir pour le partenariat

En clôture de la réunion, Mohamed Arkab, Mourad Djaâl et Dan Jørgensen ont exprimé leur profonde satisfaction quant à l’atmosphère positive qui a marqué les différentes consultations, ainsi que leur entière satisfaction quant aux progrès réalisés dans le cadre de la coopération bilatérale, bénéfique pour les deux parties.

Les deux parties ont renouvelé leur engagement ferme à poursuivre le renforcement et la consolidation de ce partenariat prometteur dans le cadre du dialogue énergétique de haut niveau, en soulignant que l’Algérie et l’Union européenne sont déterminées à continuer à travailler ensemble pour construire un avenir énergétique durable, où l’Algérie jouera un rôle principal dans la sécurité énergétique européenne et sera un partenaire fiable dans la transition vers une économie bas carbone.