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Tunisie : Un ancien chef de gouvernement lourdement condamné

Dans le cadre de l’affaire liée aux réseaux d’envoi de djihadistes Tunisiens vers les zones de conflit en Syrie.

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La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près la Cour d’appel de Tunis a prononcé, tard dans la nuit, des peines allant de 3 à 24 ans de prison contre des responsables politiques, sécuritaires et des militants de courants extrémistes impliqués dans l’affaire dite du départ vers les zones de tension.

Cette affaire porte sur le recrutement et l’envoi de Tunisiens vers les zones de combat en Syrie après 2011.

Parmi les figures concernées figurent l’ancien chef du gouvernement et ex-ministre de l’Intérieur Ali Larayedh, l’ancien chef de la brigade de protection des avions Abdelkarim Labidi, ainsi que le porte-parole du mouvement interdit Ansar al-Charia en Tunisie, Saif Eddine Rraies, en plus d’autres accusés.

La cour a condamné Ali Larayedh à 24 ans de prison, Abdelkarim Labidi et Fathi Beladi à 22 ans chacun, Noureddine Ghandouz à 28 ans, tandis que Lotfi Hammami, Hichem Saadi et Sami Chaâar ont écopé de six ans. Saif Eddine Raies a été condamné à trois ans de prison.

Ces peines apparaissent comme un allègement par rapport aux jugements rendus en première instance en mai 2025 par le tribunal de première instance de Tunis, où les condamnations variaient entre 18 et 36 ans.

Les chefs d’accusation retenus incluent la constitution et l’adhésion à une organisation terroriste, la mise de compétences à sa disposition pour commettre des crimes terroristes contre un État étranger et ses ressortissants, l’utilisation du territoire tunisien pour recruter des personnes en vue de commettre des actes terroristes à l’étranger, l’aide à leur départ, l’incitation et le financement de leurs voyages, ainsi que le soutien financier destiné à la commission d’actes terroristes.

Selon des rapports officiels cités par l’ancien ministre tunisien de l’Intérieur Lotfi Brahem lors d’une audition parlementaire, le nombre de Tunisiens présents dans les zones de conflit s’élèverait à 2 929 personnes, d’après les données des services de sécurité.

Les autorités tunisiennes affirment avoir rapatrié environ 800 combattants, notamment depuis la Syrie et la Libye. Parmi eux, 137 ont été incarcérés, tandis que les autres ont été placés en résidence surveillée ou sous contrôle judiciaire.