Dans une démarche qui reflète l’ampleur des défis liés à la sécurité hydrique en Algérie, le ministre des Ressources en eau, Lounès Boughezala, a insisté sur la nécessité de mettre fin à l’utilisation de l’eau potable dans les activités industrielles et l’irrigation agricole. Cette orientation s’inscrit dans une nouvelle politique nationale de rationalisation des ressources en eau et de leur allocation selon les priorités vitales, après la mise en service de grands projets stratégiques, notamment des stations de dessalement d’eau de mer.
Dans ce contexte, le gouvernement semble s’orienter, à la lumière des conclusions des réunions du Conseil des ministres et des instructions du président de la République, vers une nouvelle phase placée sous le signe de la « protection de chaque goutte d’eau », à travers une redistribution des ressources selon les priorités, garantissant le droit du citoyen à l’eau potable tout en soutenant un développement économique durable.
Le gouvernement s’oriente également vers une infrastructure numérique avancée pour moderniser le secteur de l’eau.
Le ministre des Ressources en eau a souligné, lors d’une visite de terrain dans la wilaya d’Annaba, la stricte application des directives du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à protéger la ressource hydrique contre le gaspillage et la mauvaise gestion. Cela passe par l’introduction de technologies modernes de gestion de l’eau, notamment le recours immédiat aux technologies de télégestion pour faire face à la pénurie, aux pannes et aux dysfonctionnements, ainsi qu’aux rapports erronés.
Selon le ministre, ces technologies représentent un tournant majeur dans la gestion de l’eau et une véritable opportunité pour anticiper les défis de la rareté. Elles reposent sur des réseaux intelligents et des dispositifs de mesure connectés à des plateformes numériques permettant de suivre en temps réel le débit, le niveau des réservoirs, la pression des réseaux et la qualité de l’eau. Ces données sont transmises à des centres de contrôle où elles sont analysées afin de prendre des décisions sans intervention humaine directe sur le terrain, tout en permettant la détection précoce des fuites et des défaillances, réduisant ainsi les pertes importantes dues à la mauvaise gestion.
Dans le même contexte, le ministre estime que face aux défis croissants du secteur de l’eau — changement climatique, hausse de la demande et baisse des ressources conventionnelles — la télégestion devient une solution stratégique indispensable pour garantir la sécurité hydrique, notamment dans les pays soumis au stress hydrique.
Il a également rappelé que, dans ce contexte de pression croissante sur les ressources, les autorités publiques, en particulier le ministère des Ressources en eau, ont dû revoir les modes d’exploitation de l’eau et consacrer le principe selon lequel « l’eau potable est prioritaire pour le citoyen ». Il a souligné la nécessité de trouver des alternatives pour les autres secteurs, notamment l’agriculture et l’industrie, jugeant inacceptable que certaines unités industrielles consomment quotidiennement de grandes quantités d’eau potable.
Le ministre a affirmé que l’État s’oriente vers le remplacement progressif de l’eau potable utilisée dans l’agriculture et l’industrie par des ressources non conventionnelles, en particulier les eaux usées traitées, considérées comme une option stratégique « irréversible » dans la politique hydrique du pays. Cela inclut également l’augmentation des capacités des stations d’épuration et l’extension des réseaux de réutilisation des eaux usées et des eaux pluviales afin de répondre à la demande croissante.
Il a par ailleurs mis en garde contre la poursuite du « gaspillage de l’eau potable », rappelant que les rapports ministériels indiquent qu’une part importante des ressources hydriques est encore détournée vers les industries et l’irrigation agricole, ce qui nécessite une réorganisation de la consommation.
Enfin, le ministre a insisté sur la modernisation des techniques d’irrigation, l’interdiction de l’utilisation de l’eau potable dans l’industrie et l’adoption de technologies modernes permettant d’économiser l’eau. Il a également annoncé un renforcement des contrôles sur les usages illégaux de l’eau potable, notamment dans certaines activités industrielles.
Selon lui, ces décisions marquent une évolution importante dans la gestion du secteur de l’eau, dans un contexte où il n’est plus acceptable de destiner l’eau potable à des usages pouvant être couverts par d’autres ressources, notamment grâce à l’accélération des projets de dessalement et de recyclage des eaux.
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