Le discours anti-algérien fond de commerce de la droite française

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La droite française a appelé le gouvernement à suspendre les 138 millions d'euros qu'il accorde à l'Algérie sous forme d'« aides au développement », en tant que « punition disciplinaire » contre l’Algérie, comme le souhaitent les héritiers et les partisans de Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national, en plus de la remise en cause de l’accord migratoire et de l'accusation de l'Algérie de vouloir « déstabiliser la France », selon le magazine de droite « Le Point ». Ainsi, les politiciens et journalistes français pratiquent le mensonge politique et médiatique autour de cette crise entre les deux pays.

Pourquoi les dirigeants et les députés de droite ont-ils proposé d'annuler l'accord migratoire de 1968, de suspendre « les aides de la France à l'Algérie » et de réduire le nombre de visas accordés aux Algériens ? La réponse est simple : ils veulent « menacer » l'Algérie dans l'espoir de la « soumettre » et de la contraindre à se plier à la volonté de Paris. Cela pourrait donner l'impression à l'opinion publique que la France dispose de leviers de pression puissants pour faire entrer l'Algérie dans le « rang » et lui faire répondre favorablement à ses demandes sur les plans politique, économique, culturel et social. Les calculs partisans jouent également un rôle dans les démonstrations de force des ministres de l'Intérieur Gérald Darmanin et de la Justice Éric Dupond-Moretti, concernant la manière de forcer l'Algérie à se soumettre, croyant que le « harcèlement » de l'Algérie et l'activation de tous ceux qui détestent l'Algérie, le rapporteraient des soutiens et voix électorales des nostalgique de « l’Algérie française » comme l'a expliqué le diplomate algérien Abdelaziz Rahabi.

Cependant, en réponse à ces tentatives françaises, « Le Point » a relancé des discours de provocation, accusant l'Algérie – un pays qu'on disait récemment dépendant des aides françaises – de vouloir « déstabiliser la France » en manipulant sa diaspora sur le territoire français. Le magazine donne ainsi quelques indices sur la nature de cette crise diplomatique entre les deux pays : bien que la guerre de libération ait pris fin en Algérie, le conflit n'est pas terminé du côté français. Ses « enquêtes », cherche non seulement à restaurer la version coloniale de l'histoire et ses mensonges, mais aussi à « diaboliser » la communauté algérienne en France, en la présentant comme un « danger pour l'ordre public » et une source d'instabilité en raison de son prétendu non-respect des lois françaises.

C'est sous ce prisme qu'il convient de comprendre l'histoire des soi-disant « influenceurs » algériens, qui ne représentent qu'eux-mêmes. Pourtant, le ministre français de l'Intérieur, Bruno Retailleau, formé par le raciste Philippe de Villiers, souhaite les utiliser comme un « épouvantail » pour effrayer les Français et ainsi soutenir ses thèses d'extrême droite anti-algériennes. Cela sert aussi de couverture pour sa campagne raciste, qu'il mène en collaboration avec le leader du Rassemblement national, Jordan Bardella, pour interdire l'islam et le voile en France, au nom de la prétendue incompatibilité avec les principes républicains, et pour ressusciter le discours colonial et ses mensonges historiques. Ce même magazine semble avoir oublié que les autorités françaises ont remis les Juifs aux forces de sécurité nazies (SS), si ce n'est grâce à la Mosquée de Paris, qui leur a délivré de faux certificats de conversion à l'islam pour les sauver de la barbarie nazie, institution au sujet de laquelle le magazine a écrit, sans vergogne : « Que faire de la Mosquée de Paris, annexe du régime algérien ? ».

L'ancien ambassadeur, Abdelaziz Rahabi, n'était pas loin de la vérité lorsqu'il a affirmé que « la haine de l'Algérie est devenue une politique d'État ». C'est cette politique que mènent actuellement les ministres, politiciens et journalistes du courant de droite extrême, dans le but de flatter les derniers vestiges des héritiers du colonialisme, pour arriver au pouvoir en France en surfant sur la vague de l'« Algérie ». Il n'y a rien d'étonnant à cela, dans un contexte de crise intérieure profonde en France, où il devient nécessaire de créer un ennemi extérieur pour détourner l'attention de la situation interne.