Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que malgré l’existence de négociations autour de la question du Sahara occidental, les États-Unis ont soudainement décidé de considérer cette région comme marocaine. Il s’est dit surpris par cette tentative de modifier unilatéralement la nature du dossier, en dehors des cadres et des résolutions des Nations unies ainsi que des équilibres sur le terrain.
Lavrov a évoqué la question du Sahara occidental ainsi que celle du plateau du Golan en Syrie comme des exemples de « violation » de la légitimité internationale par les États-Unis et Israël, lors de son intervention au Forum diplomatique d’Antalya.
Il a ajouté que, par le passé, l’administration de Donald Trump avait soudainement considéré le Sahara occidental comme faisant partie du Maroc, alors que ce dossier relevait d’un processus onusien, de négociations et de cadres juridiques internationaux. Selon lui, cette position rendrait inutiles les négociations.
Poursuivant son raisonnement, Lavrov a comparé cette situation à celle du plateau du Golan, occupé par Israël depuis longtemps, soulignant que malgré les résolutions répétées du Conseil de sécurité, la réalité sur le terrain ne change pas.
Il a également évoqué la question palestinienne et la situation à Gaza et en Cisjordanie, critiquant la politique de Washington dans la région et réaffirmant le droit à la création d’un État palestinien comme solution au conflit.
Par ailleurs, l’administration Trump avait traité le conflit du Sahara occidental — inscrit dans un processus de décolonisation onusien — selon une approche unilatérale. Elle avait chargé son conseiller, Massad Boulos, de suivre ce dossier.
Après la récente résolution du Conseil de sécurité prolongeant le mandat de la MINURSO, Boulos a indiqué que la position américaine n’était pas « figée » et qu’elle laissait la porte ouverte au dialogue afin de parvenir à une solution acceptable pour les deux parties.
Il a également précisé que l’administration américaine cherchait à rapprocher l’Algérie et le Maroc, tout en soulignant l’importance de ce dossier vieux d’environ 50 ans. Il a cité le secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui a insisté sur la nécessité d’accélérer la recherche d’une solution mutuellement acceptable.
De son côté, l’Algérie a réagi au soutien américain au plan d’autonomie proposé par le Maroc, exprimant son regret face à la position d’un membre permanent du Conseil de sécurité. Elle a rappelé que la question du Sahara occidental relève avant tout d’un processus de décolonisation inachevé et du droit à l’autodétermination.
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