Nation

Législatives : des figures quittent la scène, d'autres affrontent l’épreuve du maintien

Un certain nombre de parlementaires exclus de leurs partis font face à des options limitées pour revenir dans la course, malgré les facilités mises en place par l’Autorité indépendante des élections

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Le Conseil populaire national s’apprête à se renouveler, dans un contexte de forte compétition pour les 407 sièges soumis au suffrage direct. Toutefois, près d’une vingtaine de députés se retrouvent concernés par la limitation des mandats parlementaires, étant soumis aux dispositions du dernier alinéa de l’article 122 de la Constitution, qui stipule que « nul ne peut exercer plus de deux mandats parlementaires, séparés ou consécutifs ».

Parmi les départs au sein du groupe du Front de libération nationale figurent les députés : Ilimi Farida, Bekhouch Seddik, Azi Ben Thabet, Tayeb Wassila et Tamamri Sid Ahmed.
Du côté du Mouvement de la société pour la paix, le groupe perdra un poids important incluant son ancien président Ahmed Sadouk, ainsi que Youssef Adjissa, Nini Mohamed, Farida Ghamra, Mohamed Saïd Maansar, Gachi Saliha, Kebrita Mohamed et Daïra Abdelwahab.
La liste des partants comprend également des figures marquantes du Mouvement El-Bina comme Kamal Ben Khelouf, ancien président de groupe, et Djedou Rabah. Du Front El-Moustakbal, on retrouve Ismaïl Gouadria, Berbara Hadj Cheikh, Khalifa Ben Slimane et Didaich Zine El Abidine, en plus d’Ismaïl Mira du Rassemblement national démocratique, Ali Ben Sebgag et Saker Bri du groupe des Indépendants.

En revanche, les députés éligibles à une nouvelle candidature font face à une « bataille de survie » pour garantir leur place sur les listes, notamment dans un contexte de changement des directions partisanes. Une grande partie des députés actuels avait été choisie par d’anciennes directions aujourd’hui parties. Et même s’ils parviennent à obtenir une place sur les listes, ils devront encore affronter le verdict des urnes dans une compétition acharnée pour gagner la confiance des électeurs. À cela s’ajoute un autre obstacle : le retour du système de classement des candidats sur les listes, les partis politiques ayant retrouvé le privilège de fixer l’ordre des candidats au lieu du système alphabétique, ce qui complique davantage la tâche.

De nombreux parlementaires exclus de leurs partis font face à des options limitées pour revenir dans la course, malgré les facilités introduites récemment par l’Autorité indépendante des élections, notamment à travers son instruction n°14 autorisant, sous conditions, la participation de candidats indépendants ou « nomades politiques ». D’autres sont confrontés à des difficultés supplémentaires : certains députés ayant perdu leur immunité parlementaire font l’objet de poursuites judiciaires qu’ils considèrent comme des « manœuvres juridiques » et des pratiques de représailles initiées par des responsables locaux pour régler des comptes politiques, à la suite de critiques adressées à la situation du développement local. Cette évolution pourrait, à l’avenir, réduire au silence certaines voix critiques et indépendantes lors de la prochaine législature, en raison de la crainte de la stigmatisation liée à la publication des listes de députés concernés par la levée de l’immunité. Face à cette compétition intense, certains ont choisi de se retirer discrètement de la scène politique, renonçant à briguer un siège parlementaire.

Un renouvellement limité au Conseil de la nation
Le renouvellement ne concerne pas uniquement la chambre basse, mais s’étend également au Conseil de la nation, d’où partiront des figures importantes du tiers présidentiel ayant achevé un mandat de six ans et soumises, elles aussi, aux dispositions de l’article 122, considéré comme intangible face aux appels à sa révision ou à son abrogation.

Selon des observateurs, si le départ de ces figures dans les deux chambres permet un certain renouvellement, il risque également de créer un vide. Nombre de ces élus sortants ont accumulé des relations et une expérience législative, politique et en diplomatie parlementaire difficilement transmissible, privant ainsi l’institution législative et le pays d’une expertise précieuse à un moment où le besoin de compétences capables d’encadrer, légiférer et contrôler se fait particulièrement sentir.