Economie

Marché énergétique européen : Une nouvelle opportunité majeure pour l’Algérie

Selon un rapport du Conseil européen des relations étrangères.

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Dans le contexte du processus de réduction de la dépendance de l'Union européenne au gaz russe, l'Algérie s'impose comme l'un des partenaires stratégiques les plus importants pour l'Europe, disposant de nombreuses opportunités. Non seulement en tant que fournisseur traditionnel de gaz naturel, mais aussi comme acteur potentiel dans les projets d'énergie propre sur lesquels le continent européen mise pour les décennies à venir.

Ces prévisions figuraient dans un rapport publié par le Conseil européen pour les relations extérieures, en fin de semaine, intitulé "Electric collective: Europe's clean energy future without Russia", qui révèle que l'Union européenne a réussi, entre 2021 et 2026, à réduire considérablement sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie, en diversifiant ses sources d'approvisionnement et en concluant de nouveaux accords avec plusieurs partenaires internationaux, parmi lesquels l'Algérie, qui a été l’un des premiers pays vers lesquels Bruxelles s’est tournée pour compenser une partie des approvisionnements russes. 

Grâce à ses infrastructures existantes et à sa proximité géographique, l’Algérie a consolidé sa position de fournisseur majeur de gaz naturel vers l’Italie et l’Espagne, via les gazoducs reliant les deux rives de la Méditerranée.

Cependant, le rapport estime que le rôle de l’Algérie ne se limite plus au gaz. L’Union européenne envisage désormais des coopérations élargies dans le domaine de l’électricité verte et de l’hydrogène vert, dans le cadre de sa stratégie de décarbonation et de sécurité énergétique à long terme.

Les vastes potentialités solaires du Sahara algérien et les projets émergents dans l’hydrogène vert renforcent cette perspective. Le document encourage ainsi l’Algérie à transformer ses revenus gaziers actuels en investissements structurants dans les énergies renouvelables et les infrastructures de l’économie verte.

Entre 2021 et 2026, l'Union européenne a réussi à réduire considérablement sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie, faisant chuter la part du gaz russe dans ses importations d'environ 45 % à près de 12 %, tandis que la part du pétrole russe est passée d'environ 26 % à environ 2 %. Les importations de charbon russe ont quant à elles été totalement éliminées en raison des sanctions. Les importations de gaz russe ont également diminué, passant d'environ 160 milliards de mètres cubes par an en 2021 à 37 milliards de mètres cubes en 2025, alors qu'elles représentaient environ 40 % de la demande européenne totale de gaz en 2021, selon les chiffres du rapport.

Malgré cette diversification, le rapport rappelle que les énergies fossiles représentent encore près de 60 % de la consommation énergétique européenne, ce qui signifie que l’UE a changé de fournisseurs sans totalement sortir de la dépendance extérieure.

Pour l’Algérie, cette transition ouvre une fenêtre stratégique : évoluer d’un simple fournisseur de gaz vers un acteur intégré de l’énergie bas carbone, incluant l’électricité renouvelable, l’hydrogène et les matières premières critiques.

Le rapport souligne également que les importations d’électricité verte resteront limitées dans les prochaines décennies, ne couvrant qu’une faible part de la demande européenne, estimée entre 1 et 3 % d’ici 2030-2040.

Enfin, l’étude critique le manque de coordination des politiques énergétiques européennes, menées souvent de manière bilatérale par les États membres, ce qui constitue à la fois une opportunité et un risque pour les partenaires comme l’Algérie, selon la manière dont seront structurées les futures coopérations.