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Des propos ignobles d’un candidat à la présidentielle française sur le massacre du 17 octobre 1961

Ils suscitent une vive polémique en France

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Un candidat à l’élection présidentielle française de l’année prochaine, David Lisnard, également maire de Cannes, a suscité une vive polémique après des déclarations concernant le massacre du 17 octobre 1961, au cours duquel des manifestants algériens ont été tués à Paris lors de la répression policière d’une manifestation pacifique contre le couvre-feu imposé aux Algériens.

Invité lundi soir dans une émission sur la chaîne LCI, Lisnard a répondu à une étudiante qui l’interrogeait sur ce massacre : « Je m’en fiche, je m’en moque complètement, je n’étais pas né. » Une position qui a suscité des critiques dans les milieux politiques et médiatiques, compte tenu de la gravité de ces événements survenus pendant la période coloniale française en Algérie.

L’étudiante a tenté de rappeler au candidat à la présidentielle du parti Nouvelle Énergie les faits liés au massacre survenu à Paris il y a 65 ans. Des Algériens étaient alors descendus dans la rue pour manifester pacifiquement contre le couvre-feu, avant d’être confrontés à une répression policière violente qui a fait de nombreuses victimes. Certains manifestants ont été jetés dans la Seine.

Pour tenter d’éluder la question, Lisnard a répondu que les Algériens « étaient passés à autre chose », évoquant la présence d’amis d’origine algérienne. Selon lui, ces derniers auraient compris que les deux parties avaient tourné la page de cette affaire, ajoutant que l’Algérie avait obtenu son indépendance. Face à l’insistance de l’étudiante, il a toutefois reconnu que les faits étaient « très graves et tragiques ».

Les réactions à ces déclarations se sont multipliées. Thomas Portes, député de La France insoumise (LFI), a qualifié cette position de « racisme », estimant que la réponse du candidat, alors qu’il était question de victimes noyées dans la Seine, traduisait un mépris pour leur mémoire.

De son côté, la députée écologiste Sabrina Sebaihi a critiqué les propos de Lisnard, affirmant qu’on ne pouvait prétendre diriger la France tout en méprisant une partie de son histoire et de ses morts. Elle a rappelé que des centaines d’Algériens ayant participé à une manifestation pacifique à Paris, le 17 octobre 1961, avaient été tués, certains étant jetés dans la Seine.

Sabrina Sebaihi avait présenté une proposition de résolution visant à faire reconnaître officiellement le massacre, adoptée par l’Assemblée nationale française en mars 2024.

Le principal intéressé semble avoir déjà tenu des propos similaires par le passé. Des députés de La France insoumise ont ainsi remis en circulation d’anciens messages attribués à Lisnard, datant de 2010 et 2011, pour dénoncer des déclarations concernant les musulmans et les Algériens.

Commentant l’affaire, le journaliste François Clemenceau s’est interrogé sur la logique consistant à ignorer des événements historiques au motif qu’ils se sont produits avant la naissance de la personne concernée. Il a évoqué plusieurs épisodes historiques, notamment les deux guerres mondiales, la guerre franco-prussienne et la Révolution française, avant de s’interroger sur la réaction que susciterait une telle logique si les générations suivantes l’appliquaient à leur tour au passé.