L’Organisation météorologique mondiale (OMM), relevant des Nations unies, a mis en garde ce jeudi contre le fait que le phénomène « El Niño » actuellement en cours pourrait être « le plus intense » jamais observé depuis le début des relevés de ce phénomène climatique, il y a quatre décennies.
La secrétaire générale de l’Organisation, Celeste Saulo, a déclaré à des journalistes à Genève que ce phénomène « pourrait être plus intense que tout ce que nous avons observé depuis le début des relevés, au point de dépasser littéralement l’échelle des indicateurs ».
Dans le même contexte, l’Organisation a indiqué que le phénomène était désormais « solidement établi » et qu’il s’intensifierait au cours des prochains mois, avec une probabilité « proche de 100 % » de se poursuivre jusqu’en février 2027.
Dans son avertissement, l’Organisation a précisé qu’« El Niño » était désormais solidement établi et qu’il gagnerait en intensité au cours des prochains mois, avec des répercussions importantes sur les régimes de précipitations et les températures, ainsi que des risques accrus d’inondations, de sécheresses et de vagues de chaleur extrême.
De son côté, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a averti qu’« El Niño » faisait entrer le monde dans « une zone à haut risque » susceptible de connaître des phénomènes météorologiques extrêmes.
Dans une déclaration, Guterres a souligné que « la science ne laisse aucun doute : la planète entre dans l’inconnu, les eaux se réchauffent. Les températures à la surface des mers ont atteint des niveaux sans précédent et continuent d’augmenter. Nous nous trouvons dans une zone à haut risque où les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent la nouvelle norme ».
Il a poursuivi : « La course se joue désormais entre l’aggravation des risques et notre engagement à prendre des mesures climatiques et à protéger les populations. Nous devons gagner cette course. »
« El Niño » est un phénomène climatique naturel qui n’est pas provoqué par le changement climatique. Toutefois, les scientifiques s’attendent à ce qu’il accentue le réchauffement de la planète, qui connaît déjà une hausse rapide des températures en raison de la combustion des combustibles fossiles, et qu’il contribue à aggraver les phénomènes météorologiques extrêmes.
Le phénomène « El Niño » est un régime climatique naturel qui se produit lorsque les températures des eaux de surface augmentent anormalement dans les parties centrale et orientale de l’océan Pacifique équatorial, entraînant de fortes perturbations climatiques qui affectent les conditions météorologiques à travers le monde.
En temps normal, les alizés soufflent d’est en ouest, poussant les eaux chaudes vers l’Asie et l’Australie et provoquant la remontée, au large des côtes de l’Amérique du Sud, d’eaux froides riches en nutriments.
Pendant « El Niño », ces vents s’affaiblissent ou s’inversent, permettant aux eaux chaudes de refluer vers l’est, en direction des côtes du Pérou et de l’Équateur.
Cette immense quantité de chaleur passe de l’océan à l’atmosphère et modifie la trajectoire des tempêtes et des vents à l’échelle mondiale.
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