La détermination de l’Algérie à réaliser le projet de ligne ferroviaire transsaharienne Alger – Tamanrasset, jusqu’aux confins des frontières méridionales, révèle une ambition qui pourrait être l’une des plus importantes de l’histoire du continent africain au XXIᵉ siècle. Cette ligne ferroviaire reliera les ports algériens de la mer Méditerranée aux pays du Sahel et du Sahara, jusqu’à de vastes régions de l’Afrique de l’Ouest.
La valeur de ce projet gigantesque pour au moins six pays africains réside dans l’ouverture vers la création d’une vaste zone d’échanges économiques regroupant six États : l’Algérie, le Niger, le Nigeria, le Tchad, le Mali et le Burkina Faso, avec la possibilité d’extension vers la Mauritanie et la République centrafricaine. L’ensemble représenterait une population totale d’environ 360 millions d’habitants.
La ligne ferroviaire Alger – Tamanrasset contribuera à renforcer le rôle économique de l’Algérie. Elle s’inscrit dans une logique similaire à la vision stratégique chinoise de renaissance de la « Route de la soie » à travers l’initiative « la Ceinture et la Route ». L’Algérie possède également un héritage historique à raviver : l’ancienne route caravanière qui reliait l’Afrique à l’Europe à travers le Sahara il y a plusieurs siècles.
Aujourd’hui, ce projet, combiné à l’autoroute Nord–Sud, transformera l’Algérie en locomotive économique de la région du Sahel, notamment en tenant compte du fait que cinq pays sont enclavés et dépourvus d’accès maritime. Ces pays auront besoin d’importer diverses marchandises via les ports de pays comme l’Algérie et le Nigeria, tout en pouvant exporter leurs produits par ces mêmes ports. Cela ouvrira la voie à une expansion du transport terrestre, la voie ferrée n’étant que le début d’un projet plus vaste incluant la création de zones de libre-échange frontalières avec les pays voisins.
L’Algérie sera parmi les principaux bénéficiaires des projets de connexion routière et ferroviaire entre les pays du Sahel et du Sahara et les ports algériens sur la Méditerranée, ainsi que les ports nigérians sur l’océan Atlantique. Le projet de route transsaharienne a été lancé à l’initiative de l’Algérie il y a environ 15 ans, lorsque le pays a entrepris la modernisation de la route nationale n°1 pour la transformer en axe international africain.
La ligne ferroviaire reliant Alger à la région sahélo-saharienne contribuera à la prospérité économique de villes désertiques en Algérie, au Niger et au Mali, avec la possibilité d’établir des ports secs aux frontières avec des pays enclavés. Ce projet algérien d’envergure offrira un service économique à l’ensemble de la région sahélo-saharienne et des opportunités de développement pour l’Algérie et les populations de cinq pays. Il reliera au total sept pays, représentant environ 360 millions d’habitants, et favorisera le commerce intra-africain entre six États. Les étapes suivantes pourraient inclure la création d’une zone de libre-échange entre l’Algérie, le Mali, le Niger, le Tchad, le Burkina Faso et la République centrafricaine, avec la possibilité d’élargissement à d’autres pays.
La ligne ferroviaire Alger – Tamanrasset traversera plusieurs wilayas : Alger, Blida, Médéa, Aïn Oussara, Djelfa, Laghouat, Ghardaïa, El Menia, In Salah et Tamanrasset, sur une longueur de 2 439 km. Elle sera l’une des plus importantes lignes ferroviaires au monde et la plus importante en Afrique.
Le projet actuel prévoit l’arrivée de la ligne ferroviaire à Tamanrasset, située à environ 2 400 km de la côte méditerranéenne. Toutefois, elle pourrait être prolongée de 400 km supplémentaires jusqu’à l’extrême frontière entre l’Algérie et le Niger, afin de faciliter le transport des marchandises des ports algériens vers le Niger, le Mali, le Burkina Faso et le Tchad.
Cette ligne permettra le transport de tous types de marchandises à grande vitesse et à un coût bien inférieur pour les pays africains enclavés, qui dépendent actuellement de routes terrestres difficiles depuis les ports d’Afrique de l’Ouest. À ce jour, il est confirmé que la ligne Alger – Tamanrasset atteindra El Menia dans moins de 18 mois, en passant par Ghardaïa. Les travaux des tronçons reliant El Menia à Tamanrasset ainsi que celui reliant In Salah à Tamanrasset seront lancés prochainement, entièrement financés par l’Algérie, dans ce qui est présenté comme le véritable projet du siècle en Afrique.
Ce projet historique et colossal générera d’importants retombées économiques pour l’Algérie et ses voisins, dans le cadre des politiques visant à renforcer le commerce avec les pays africains limitrophes. Il s’inscrit également dans la vision du gouvernement concernant l’avenir des relations économiques entre l’Algérie, les pays du Sahel et l’Afrique de l’Ouest. Selon cette approche, la ligne ferroviaire Alger – Tamanrasset pourrait être connectée à d’autres lignes reliant les ports de l’ouest et de l’est. Dans cette même perspective s’inscrit le grand port d’El Hamdania, appelé à devenir l’un des principaux points d’entrée et de sortie des marchandises vers et depuis les pays sahélo-sahariens.
Il est également prévu de construire des stations de services, des aires de repos et des ports secs. Ce vaste projet africain renforcera la position de l’économie nationale, tout en offrant des capacités de transport de passagers et en permettant à l’Algérie d’exporter certains produits industriels vers les pays voisins.
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