Fettouma Ousliha-Bouamari, comédienne, musicienne et chanteuse, a été honorée jeudi par Le Cercle des Anciens de l'Information et de la Culture, sous la supervision du journaliste Youcef Aït Tahar et d’un groupe d’anciens professionnels du secteur, à l’occasion de la 12ᵉ édition de la rencontre « Liqa Al Qudama», organisée à Aïn Benian (port de Djamila).
À cette occasion, l’artiste a reçu la Médaille du mérite et de l’excellence, en reconnaissance de sa longue carrière artistique, entamée en 1963 avec la pièce L’Oiseau vert, sur les encouragements de Mustapha Kateb, alors directeur du Théâtre national algérien, ainsi que pour sa contribution remarquable à l’enrichissement de la scène culturelle et médiatique algérienne. Elle est considérée comme l’une des figures ayant laissé une empreinte durable dans le domaine du théâtre et du cinéma. Elle fut également la première actrice algérienne à remporter le prix de la meilleure interprétation féminine au Festival de Carthage en 1982 pour son rôle dans le film L’Héritage, réalisé par son époux Mohamed Bouamari.
Née en 1940 à Alger, où son père travaillait au port, l’artiste se décrit elle-même comme « une adolescente ayant vécu la guerre de Libération et une enfant de la Bataille d’Alger ».
Elle débute sa vie professionnelle comme dactylographe, mais sa passion pour le théâtre et le jeu d’acteur, encouragée par Mustapha Kateb, l’oriente rapidement vers la scène. Son premier rôle remonte à 1963, avant d’enchaîner avec les pièces Deux chambres et une cuisine, Le Cercle de craie caucasien de Bertolt Brecht, L’Homme aux sandales de caoutchouc de Kateb Yacine et Le Sang des Justes.
Sa carrière cinématographique débute avec l’un des plus grands films de l’après-indépendance, Le Charbonnier, réalisé en 1972 par Mohamed Bouamari. Le film raconte l’histoire d’un ancien moudjahid devenu vendeur de charbon avant que son activité ne disparaisse avec l’arrivée du gaz. Il est suivi par L’Héritage (1974), également réalisé par Mohamed Bouamari, qui retrace le destin de l’épouse d’un moudjahid ayant perdu la raison sous l’effet des tortures subies durant la guerre de Libération. Ce film a remporté plusieurs distinctions dans les festivals de Locarno, en Suisse, et de Moscou.
L’actrice poursuit son ascension avec Le Premier Pas (1979), où elle interprète le rôle de la première femme présidente d’une assemblée populaire communale en Algérie, une prestation récompensée par le Tanit d’or au Festival de Carthage. Dans Le Refus (1982), aux côtés du chanteur Djamel Allam, elle incarne le quotidien d’une famille immigrée en France après la nationalisation des hydrocarbures. Elle partage ensuite l’affiche avec Djillali Aïn Tadlès et Khaled Barkat dans La Citadelle de Mohamed Chouikh (1988). Elle joue également avec Rouiched dans Hassan Niya et apparaît dans Le Monde des rêves, réalisé par Lido en 1982, aux côtés de Sid Ali Kouiret.
Sa carrière se poursuit à l’étranger avec plusieurs productions, notamment Inch’Allah dimanche de Yamina Benguigui, aux côtés d’Isabelle Adjani et de Roschdy Zem, Indigènes de Rachid Bouchareb, Barakat ! de Djamila Sahraoui, consacré aux années du terrorisme, ainsi que de nombreuses productions télévisées et théâtrales.
Les initiateurs de cette distinction souhaitent instaurer une tradition consistant à rendre hommage et à valoriser les pionniers et les personnalités ayant contribué au rayonnement de la culture et des médias. Cette initiative constitue également une occasion de réunir plusieurs générations de journalistes, d’intellectuels et d’artistes dans un esprit de fidélité et de reconnaissance envers leur contribution.
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