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Visite de recherche exceptionnelle dans le désert algérien

Un chercheur japonais tente de « faire parler » le Sahara algérien sur une question commerciale majeure

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Un chercheur japonais de l’Université de Paris tente de retracer les anciennes routes commerciales sahariennes, d’en décrypter les codes et les caractéristiques. Il se trouve actuellement dans la ville de Djanet.

Le chercheur, Yuki Amano, a été accueilli par les notables de la région, selon des images et des rencontres rapportées. Spécialisé dans le commerce saharien ancien, il en a fait le sujet de sa thèse de doctorat à l’Université de Paris.

Les notables de la ville ont réservé un accueil chaleureux au chercheur venu du « pays du Soleil-Levant », comme ils l’ont qualifié, considérant son projet comme une réhabilitation d’une partie du patrimoine saharien oublié, qui a contribué à tracer les routes du commerce mondial. Ils y voient également une quête visant à retrouver « les traces laissées par les pas des chameaux dans les sables du Sahara ».

Selon leurs déclarations, Amano « n’est pas venu en touriste ni par curiosité, mais en tant que scientifique portant de grandes interrogations », cherchant à redessiner les cartes du commerce saharien ancien et à décrypter les relations tissées par les caravanes touarègues avec les habitants de la vallée du Souf au fil des siècles d’échanges.

Ce qui rend cette visite exceptionnelle, selon eux, c’est qu’un homme venu de Tokyo cherche à apprendre de la mémoire du désert ce que les livres n’ont pas conservé. Ils soulignent que « l’histoire locale ne dort plus seulement dans la mémoire des anciens et sous le sable, mais qu’elle renaît aujourd’hui dans les universités du monde et devient un sujet de recherche académique de haut niveau attirant des chercheurs des quatre coins du globe ».

Les hôtes du chercheur ont également exprimé leur fierté quant au passé commercial et civilisationnel de la région, affirmant que « notre histoire dépasse nos frontières, et notre désert n’a jamais été une barrière, mais toujours un pont ».

Ces anciennes routes commerciales ne sont plus seulement un héritage culturel, mais pourraient faire l’objet de nouvelles exploitations dans le monde contemporain, à l’image de l’initiative chinoise dite "la Ceinture" ou la Route de la soie ou l'ancienne route du sel récemment évoquées, qui traversaient le Sahara algérien.

La Route de la soie représente un réseau historique de routes commerciales terrestres et maritimes reliant l’Orient (la Chine) à l’Occident (l’Europe et le Moyen-Orient) depuis le IIe siècle avant J.-C., s’étendant sur plus de 6 400 km. Elle doit son nom au transport de la soie chinoise et a favorisé pendant des siècles les échanges culturels et commerciaux entre les civilisations.