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« Que signifie le retour du principal conseiller de Trump en Algérie ? »

L'ambassade à annoncé sa venue sans fournir de détails sur le programme de la visite

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L’ambassade des États-Unis en Algérie a annoncé hier que le conseiller principal de la Maison-Blanche, Massad Boulos, a entamé une visite officielle en Algérie.

Dans une publication sur sa page Facebook, l’ambassade a indiqué qu’elle « souhaite de nouveau la bienvenue à Massad Boulos en Algérie », affirmant son « attachement au renforcement du partenariat bilatéral et à la poursuite du travail conjoint pour la paix et la prospérité dans la région », sans fournir de détails sur le programme de la visite.

Cette deuxième visite de Boulos intervient dans un court laps de temps après celle effectuée en juillet dernier, laquelle avait coïncidé avec la diffusion de déclarations de son collègue au sein de la nouvelle administration américaine, Steve Witkoff, au sujet de ce qui avait alors été présenté comme une réconciliation imminente entre l’Algérie et Rabat, ainsi qu’une normalisation de leurs relations dans un délai de deux mois, en prélude au règlement de la question du Sahara occidental.

Le communiqué de l’ambassade comporte une brève référence indiquant que la visite s’inscrit dans la « poursuite du travail commun pour la paix et la prospérité dans la région », ce qui laisse fortement penser qu’elle est liée au même dossier concernant le conflit du Sahara occidental et la prétendue réconciliation entre l’Algérie et le régime marocain évoquée par le conseiller de Trump à la sécurité nationale, Steve Witkoff, lequel avait affirmé que ce processus se trouvait dans ses dernières étapes.

Cependant, cette démarche ne s’est pas concrétisée selon la logique et la simplicité évoquées par le responsable américain, dans la mesure où la rupture avec le régime du Makhzen est plus profonde que ce que l’administration américaine semble croire et nécessite des mesures sérieuses et réelles, et non de simples déclarations de « main tendue » que le roi répète chaque année dans son discours du Trône, souvent suivies d’actes jugés perfides.

La visite comporte l’hypothèse d’une tentative de relance du même processus, après la récente décision du Conseil de sécurité sur le Sahara occidental, et après que la Maison-Blanche semble avoir été convaincue que les relations tendues entre l’Algérie et Rabat ne sont pas liées uniquement au soutien de l’Algérie au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à la fin de l’occupation de ses territoires, mais également à d’autres questions.

Depuis sa nomination à son poste, à la suite de la réélection du président américain Donald Trump pour un second mandat l’année dernière, Boulos a multiplié les déclarations sur l’Afrique du Nord, considérée comme l’une des missions principales qui lui ont été confiées par le président Trump. Il a affirmé que la position américaine sur le Sahara occidental « n’était pas une annonce définitive et fermée, mais que la porte restait ouverte au dialogue afin de parvenir à une solution qui satisfasse les deux parties ».

Le conseiller aux affaires africaines et moyen-orientales, Massad Boulos, avait également déclaré en avril dernier que l’administration actuelle cherche « actuellement à rapprocher l’Algérie et le Maroc », révélant une visite prévue dans les deux pays.

Il a également indiqué, dans une déclaration à la chaîne Al-Arabiya, que l’administration Trump cherche à résoudre la question du Sahara occidental par une solution qui satisfasse les deux parties au conflit, soulignant que ce dossier est très important et qu’il dure depuis près de 50 ans.

Boulos s’est référé aux propos du secrétaire d’État américain, Marco Rubio, qui avait évoqué « la nécessité d’accélérer la recherche d’une solution qui doit être acceptable pour les deux parties », en référence au Maroc et à la République sahraouie.

Auparavant, le ministère des Affaires étrangères avait publié un communiqué concernant la confirmation par les États-Unis de leur position favorable au Maroc dans le conflit du Sahara occidental, indiquant qu’il « avait pris acte de la confirmation par le Département d’État de la position américaine considérant le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine comme l’unique solution au conflit du Sahara occidental ». Le ministère s’était dit « regretté par la réaffirmation de cette position par un membre permanent du Conseil de sécurité, censé veiller au respect du droit international en général et des résolutions du Conseil de sécurité en particulier », soulignant que « la question du Sahara occidental relève avant tout d’un processus de décolonisation inachevé et d’un droit à l’autodétermination non encore exercé ».